Lundi soir, pris d’une envie étrange (ou plutôt la possession de réduction pour des tickets de cinéma), je suis allé voir « The Social Network » et ceci contre l’avis du critique de film de France Inter. L’histoire du film, pour ceux qui ne sont pas au courant (il faut vraiment vivre en ermite) est celle du « créateur » de Facebook. Si vous ne connaissez pas ce qu’est Facebook, je ne peux plus rien pour vous, éteignez votre PC Windows 3.1 et aller chercher du bois pour le feu.
J’avoue que je m’attendais à pire comme film, mais j’ai été agréablement surpris, même avec la présence de Justin Timberlake. Le film possède un bon rythme (oui, j’ai beaucoup aimé la musique) et même si les acteurs ont très souvent le nez collé à un écran d’ordinateur, il y a un peu d’action et beaucoup de trahison.
Ce qui rend le film intéressant, c’est qu’il ne traite pas uniquement de la création de Facebook et de l’envolée de son créateur, Mark Zuckerberg, mais aussi des procès auquel celui-ci doit faire face. Le film n’a pas oublié de rajouter quelques touches d’humour plus que nécessaires pour supporter ces dialogues remplis de codes, d’octet et d’algorithmes.
Certains pourront reprocher au réalisateur de laisser de grandes lacunes et de ne pas exploiter certains aspects de la personnalité de Mark Zuckerberg, mais que savons nous réellement sur le plus jeune milliardaire du monde à part qu’il s’agit d’un génie asocial et troublé ? Si vous êtes curieux sur la création de Facebook et que vous hésitiez à aller voir ce film, je vous conseille d’oublier votre peur, ce long-métrage est assez bien fait. Par contre, si vous n’êtes pas un poil intéressé par le sujet, ne vous vous forcez pas et dirigez-vous nonchalamment vers la file d’attente pour « Moi, moche et méchant » (bon film d’animation « français » malgré ses petites faiblesses scénaristiques).
« The Social Network » outre sa qualité (un petit 6/10) m’a fait réfléchir sur notre usage du réseau social en question. Entrerai-je enfin dans le vif du sujet ? Quelle est votre utilisation de Facebook ? Qu’est-ce qui a motivé votre inscription ? Simple curiosité, envie de suivre le troupeau ou réel désir de rendre votre vie publique et de trifouiller dans celle des autres ?
Dans le film, les motivations primales sont claires (je devrais peut-être écrire primates).
« Qu’est ce qui va faire que les gens vont s’inscrire sur le site ? c’est qu’il leur permet de connaître une information capitale sur la personne qu’ils ont rencontrée à soirée : est ce qu’il ou elle est célibataire ? » en gros Facebook c’est l’outil pour savoir si on peut baiser et ceci en dépensant moins qu’avec Meetic (charmant n’est-il pas ?).
Le film possède même la réponse à cette autre question « le partage des photos, pourquoi ? » « Tout le monde va bientôt se balader avec son appareil photo en soirée et leurs copains via Facebook pourront revivre cette nuit et voir qui y était » en gros Facebook est un moyen de voir ce qu’on a raté, véritable outil pour le voyeurisme. On pousse même le vice, jusqu’à « tagguer » ses amis complètement bourrés en train de coïter avec une girafe gonflable rose.
Bien évidemment beaucoup de gens utilisent Facebook pour d’autres finalités, il suffit de voir les nombreuses applications chronophages qui existent (de Farmville à Frontier). Au-delà de cette utilisation bonne enfant voire enfantine, l’utilisation du réseau social a aussi été responsable de conflits judiciaires. Ainsi, Mark Zuckerberg, n’est pas le seul à avoir des entrées gratuites aux tribunaux, les utilisateurs de son site aussi. Du renvoie du mec qui s’amusait avec la girafe gonflable rose, en passant par les faux profils pour discriminer une personne et les recherches d’informations avant une embauche, Facebook se révèle plus efficace qu’un détective (je vous conseille un super épisode de South Park à ce sujet). Ces conflits restent toujours plus graves que les disputes des fans des pages d’Edward ou de Jacob de Twilight, et son de plus en plus nombreux chaque jour.
Normalement à ce niveau de lecture, les anti-Facebook (qui voit le réseau social comme un Big Brother) sont confortés dans leur opinion sur le site. Mais si l’on regarde d’un plus près, le problème n’est pas Facebook lui-même mais bien son utilisation et le crédit qu’on apporte aux informations qui y sont présentes (j’ai déjà été fiancé sur FB une fois). Car la beauté et la limite de Facebook, c’est que des personnes tout à fait normales s’amusent à raconter leur vie sur le net, ils disent tout et ne mentent que très peu. Pourtant rien ne les oblige à le faire.
Ainsi, si l’on veut utiliser Facebook en paix, je pense qu’il n’y a qu’une seule solution : il faut être pudique ! Ne vous sentez pas obligé de dire quelle est votre religion, votre avis politique, votre dernier maillot de bain et votre adresse postale, car sur les 500 amis de votre liste, rares sont ceux qui sont sincères et vous aiment vraiment (d’ailleurs pensez à faire le tri régulièrement). J’ai l’impression d’écrire un remake de X-Files : ne faites confiance à personne !
Quant à moi j’avoue que mon utilisation de Facebook et assez limitée, outre faire ma commère avec Jennifer, j’utilise FB essentiellement pour partager mes photos (rares sont ceux qui ont le courage de venir sur mon blog), vérifiez si mes amis sont encore en vie et sortir des phrases qui me passent par la tête (comme mon idée de T-shirt sur la politique de notre président). Sinon, je dois avouer que Facebook arrive aussi à plonger mon moral dans les abysses. C’est un peu mon annonceur de mauvaises nouvelles avec tous les mariages, enfants, PACS et voyages de mes « amis », j’ai l’impression comme à l’époque du collège de ne pas avancer très vite dans ma vie. Merci Mark !