patrimoine communal de l’inutilité

Attention, ce post est peut-être compréhensible que pour les réunionnais, voir que pour les saint-andréens.

Mesdames, Messieurs, 2010 a été une année forte pour la Réunion. Non pas à cause de l’abandon du projet tram-train ou la présence sur notre île d’une équipe de France de football incapable de faire honneur à leur maillot, mais plutôt grâce à un événement dont 70% des réunionnais n’avait pas vu arriver. Je veux parler du classement des Pitons, Cirques et Remparts de l’île au patrimoine mondial de l’UNESCO. Bien évidemment, nous sommes tous fiers de cette reconnaissance pour notre île, même si la plupart d’entre nous passe leur temps à dégrader ses richesses ou à ne pas y porter attention.

Je vous interpelle cependant aujourd’hui pour un sujet tout à fait sérieux, puisque je pense qu’il est de notre devoir à tous de protéger les raretés existantes sur l’île. Je voudrais, grâce à votre soutien, soumettre pour le mois de juin à la 35ème cession de l’UNESCO à Manama au Bahreïn, une nos perles infrastructurelles, un bijou unique qui prend place à Saint-André :

La piste lunaire saint-andréenne !


(musique télé-shopping)

Située à une sortie de route nationale pour entrer à Saint-André et à proximité d’un supermarché pour pauvres et d’une station-service inquiétante, la piste lunaire saint-andréenne est un témoin inestimable de l’histoire automobile de la Réunion.

Ce parking quasiment désert par lequel il est possible d’entrer dans la commune de l’Est, offre de magnifiques cratères témoignant de la fréquentation importante des voitures dans la région. En plus de faire souffrir les amortisseurs, ces nombreux trous plus ou moins profonds, vous donnerons la sensation d’être Neil Armstrong dans sa petite voiture lunaire et ceci quelque soit votre type de véhicule !

Véritable outil de travail pour les moniteurs d’auto-école souhaitant entraîner leurs élèves à la conduite en territoire sous-développé (genre l’Afrique Noire), la piste lunaire saint-andréenne reste une référence routière pour toute l’île, elle montre aux autres propriétaires de macadam (dont la Direction Régional des Routes) ce qui ne faut surtout pas faire.

Selon la légende, seuls des investissements privés ou une action de la commune pourraient défaire cette merveille de l’infrastructure routière, mais ce ne sont que de vulgaires légendes urbaines ! nous savons bien évidemment que rien ne réparera ces cratères sur ce site exceptionnel et que nous pourrons jouir de ces trous pendant encore des décennies*.

Ainsi, chers membres de l’UNESCO, je suis conscient que c’est trop de vous demander de donner à l’île une nouvelle distinction alors qu’elle a été très gâtée l’année dernière, mais je vous prie de faire un effort, ce patrimoine de la Réunion doit être reconnu !

À toi, cher lecteur, je te prie de participer à ma pétition, il suffit d’écrire un commentaire, je suis sûr que nos voix seront entendues jusqu’au Bahreïn !

 

* Je me rends compte de la perversité de cette phrase après coup !

 

 

P.S : je suis conscient qu’il y a pire comme routes ou passages sur l’île, je voulais souligner justement la présence de ces macadams abandonnés par leurs propriétaires dans un sale état et pourtant très utiles.