la réunion expliquée à mon camarade touriste

Un "camarade de classe" vient prochainement à La Réunion, pour des vacances, le soucis c’est que je n’aurai pas le temps de lui faire faire la visite de l’île. Alors pour l’aider quand même et pour ne pas qu’il se perde, je lui ai fait cette carte vite fait.

Elle regroupe selon moi, les principales informations concernant La Réunion… (cliquez pour voir en plus grand) Qu’en pensez-vous ?

C’est clair qu’il doit manquer des trucs… va falloir m’aider à la mettre à jour… (Màj le 08/05/2012)

P.S : self-criticism

la rentrée des conducteurs

C’est la rentrée des classes à la Réunion, les vacances sont terminés et nos têtes blondes, noires, crépus, lisses, rousses… retrouvent le chemin de l’école. Bien sûr il y a ceux qui sont tout contents de retrouver leur camarades de classe et partager avec leurs souvenirs de vacances (je suis resté à la maison, j’ai regardé la TV, joué la console, surfer sur internet….), il y a d’autre qui sont moins heureux et qui vont pleurer dans les robes de leur mère une fois la cloche sonner.

Je compatis avec ces derniers. Non, pas que j’ai été un marmaille qui n’aimait pas l’école, mais encore aujourd’hui j’ai envie de pleurer et de me pleurer ma mère une fois la rentrée arrivée et ceci pour une raison simple : je suis automobiliste !

Comme chacun sait, les vacances sont un moment propice pour ceux qui prennent la route chaque matin pour embaucher à Saint-Denis. Mais le retour des marmailles à l’école correspond aussi au retour des embouteillages pour aller vers Saint-Denis (qu’on soit de l’Est ou de l’Ouest).

Je vous présente donc aujourd’hui les pires situations possibles en une seule matinée sur le trajet Saint-André/Saint-Denis (ceux qui se reconnaîtrons ont ma sympathie éternel) :

7h00 : comme chaque matin, je fais ma première tentative pour entrer sur la nationale 2 par la voie d’insertion, au bout de 2 refus des autres voitures, je force le passage en m’insérant comme un connard (et pas de signe de la main pour dire merci, la route c’est pas pour se faire des amis)

7h03 : je subis mon premier ralentissement, les voitures lèvent le pied à l’approche du premier radar fixe

7h04 : nouveau ralentissement dû au virage dangereux créé pour protéger le temple malbar (mais qui a conçu cette route ?)

7h06 : plusieurs voitures essaient d’entrer sur la Nationale, je les invite à s’insérer en leur faisant des appels de phare, mais aucune ne comprend mon message et elles continuent à rouler à 60 km/h, je freine et passe à la seconde

7h10 : la présence d’un tracteur cause un ralentissement

7h14 : j’arrive à dépasser le tracteur, mais il y a de nouveau un ralentissement juste après, les autres conducteurs admirent le radier de la Rivière Sainte-Suzanne qui est fermé suite à de fortes précipitations (oui, c’est ce qu’on appelle une rivière ou de l’eau qui coule… c’est très commun comme phénomène croyez-moi)

7h17 : montée de Bel-Air, je me retrouve derrière un camion-citerne et il m’est impossible de dépasser… un bus est déjà sur la voie de gauche, il roule à 65 km/h et peine à dépasser

7h20 : j’arrive à proximité du virage de la Ravine des Chèvres, nouveau ralentissement dû à un tractopelle roulant à 40 km/h

7h24 : je remarque que paradoxalement on roule sans problème dans le virage de la Ravine des Chèvres

7h25 : faux espoir, un nouveau ralentissement au niveau des stations-service des Cocos

7h28 : la voiture devant moi laisse entrer tous les véhicules de la voie d’insertion, impossible de passer sur la voie de gauche, des motards dépassent en passant au milieu de la route (et même pas un merci du pied de leur part pour m’être décalé, ils sont ronchons aussi ce matin)

7h32 : toujours dans mon ralentissement, j’envisage à passer mon permis moto

7h36 : une voiture est sur la bande d’arrêt d’urgence, tout le monde ralenti pour vérifier l’état de la bagnole

7h39 : ralentissement à cause d’un radar fixe situé dans l’autre sens de circulation (c’est logique)

7h42 : nouveau ralentissement, deux voitures se sont accrochées et sont sur la bande d’arrêt d’urgence, dans l’autre sens de circulation… les gens ralentissent pour observer les dégâts. Une nouvelle définition du mot voyeurisme me vient en tête.

7h46 : ralentissement « normal » vers l’échangeur de Gillot, je roule à 30 km/h dans une descente de 5% (défions ensemble la gravité !)

7h50 : nouveau ralentissement pour la sortie du Chaudron, j’essaie tant bien que mal de doubler, tiens c’est le retour du bus…

7h52 : nouveau ralentissement à cause du radar à 70 km/h à l’entrée de Saint-Denis, tout le monde roule à 50 km/h (il faut faire attention, des fois que le radar soit mal réglé)

7h55 : je vois enfin la position du radar en question

7h58 : j’entame la succession de feux du boulevard Lancastel

7h59 : feu rouge, on s’arrête (ben oui, encore heureux)

8h00 : feu rouge, un piéton a appuyé sur le bouton, mais il ne traverse pas… toutes les voitures s’arrêtent et je regarde d’un air méchant le piéton statique en question

8h05 : feu rouge

8h07 : feu rouge, une fois qu’on en a un, on les a tous

8h09 : feu rouge, vous êtes sûr que je ne suis pas daltonien docteur ?

le trajet semble pourtant si court... (merci Google Earth)

8h12 : ralentissement pour la sortie « Saint-Denis, Centre-ville » le temps d’admirer le cimetière et d’imaginer le nombre d’automobiliste qu’on voudrait y mettre dedans

8h14 : ralentissement dans les ronds-points, personne ne mets son clignotant comment je suis censé savoir où ils vont ?

8h17 : j’atteins la gare routière, deux Car Jaunes me passent devant (toujours pas de merci ?)

8h20 : nouveau ralentissement dans les ronds-points, ça commence à tourner en rond cette histoire

8h25 : j’arrive à mon parking, il n’y plus de place, je maudits les gens mal garés en rangement en bataille

8h30 : je me gare sur la seule place de libre, la même que j’ai prise quand on a cassé la vitre de ma voiture et volé l’autoradio

8h35 : j’arrive au bureau avec 25 min de retard, mon boss m’accueille à l’entrée et regarde sa montre « il est temps de te trouver un logement à Saint-Denis ou de te lever plus tôt… »

sois un homme, grimpe les escaliers du pas de bellecombe

Même l’homme maniéré s’interroge sur sa virilité, c’est ce que nous allons montrer tout à l’heure.

Il y a quelques semaines, j’avais convaincu trois personnes à m’accompagner pour une petite visite au volcan. Je tairais les vrais noms de ces personnages afin de préserver leur dignité, ne vous inquiétez pas, ce ne sont pas eux les plus importants dans cette histoire. Mais pour vous faciliter quand même la lecture je les nommerai Picthoune, Pitchounette et Brian (en hommage à Gad Elmaleh).

Reprenons mon récit, voulez-vous ? Nous nous sommes donc levé tôt par un beau dimanche de juin pour une ballade au Piton de la Fournaise. Si la route des plaines avait paru longue et parfois ennuyeuse à mes 3 compères, celle du volcan les avait éblouis. Oui, vous l’avez deviné, mes 3 compagnons de voyage, bien que Réunionnais de naissance, ne venaient pas très souvent sur notre beau volcan.

En tant qu’ancien étudiant en géologie et actuel détenteur d’un Guide Michelin, j’expliquais à Pitchoune, Pitchounette et Brian les différentes formations volcaniques qui parsèment cette route splendide : le Nez de Bœuf, le cratère Commerson, la Plaine des Sables, les Gendarmes. Autant de structures chargées d’histoire passionnantes ! Néanmoins, le rythme des arrêts ne semblait pas correspondre à ce que Picthounette espérait d’une sortie de ce genre. Trajet en voiture/arrêt/explications obscures/photos/départ.

Ainsi, arrivé au Pas de Bellecombe, la vue sur le Piton de la Fournaise n’avait pas l’effet que j’espérais. Le Monstre endormi n’arrivait pas à plaire au groupe.

Sentant la lassitude du trio, je leur proposais de descendre titiller les flancs de la Bête.

« On descend les escaliers (de la mort), on fait un tour sur le Formica Léo, on va voir la Chapelle de Rosemont et on revient, ça vous va ? »

Les 3 êtres crédules… euh, je veux dire, mes 3 amis acceptèrent sans trop réfléchir. Je pris la tête du groupe pour descendre les escaliers et entrer dans l’enclos du volcan.

Alors que je commençais à fatiguer à mi-hauteur, je remarquai que mes compagnons ne me suivaient plus depuis longtemps déjà. Logique : ce sont des geeks, s’ils étaient sportifs, ça se serait ! (oui Pitchoune, Pitchounette et Brian seraient de vrais boulets en randonnée, mais on va tenter de les pardonner, puisqu’ils ne sont pas le sujet de cette histoire).

Bref… malgré mes cris motivants (« Non mais vous êtes la honte de la Réunion à marcher aussi lentement !!! Tout le monde nous regarde ! ») le trio peinait à avancer, nous sommes toutefois parvenu à faire le trajet prévu. Le Formica Léo plut aux 3 compagnons, ils prirent toutefois beaucoup de temps pour arriver à la Chapelle Rosemont.

J’avoue avoir été moi-même un peu épuisé par cette petite marche (que je qualifie encore de « terrain plat »), et dans mon for intérieur, je ne cessais de me répéter « ce n’est qu’une marche simple, rien à voir avec la véritable ascension du volcan, ça ne vaut même pas d’être sur un guide de randonnée, alors t’as intérêt à ne pas être essoufflé ! Regarde les vieux qui reviennent de la randonnée complète, est ce qu’ils ont l’air exténués ? ».

Mais rien n’y fait, après quelques semaines de jachères, mes jambes étaient fragiles et faibles.

La chapelle Rosemont déçut les 3 compères, j’essayais de les motiver pour le retour (« Allez dites-vous qu’après ce terrain presque plat, il faudra remonter les escaliers du Pas de Bellecombe »). Pendant qu’un nuage commençait à couvrir les flancs du volcan, je distançais aisément mon groupe, décidément pas fait pour la randonnée.

Après une vingtaine de minutes, j’entendis le souffle de quelqu’un qui s’approchait de moi. Ce ne pouvait être Brian (le plus rapide du trio) ça avait l’air plus gros.

Je tourne la tête et là je vois un mec.

Un vrai. Pas une lopette à Rayban, bermuda et baskets de randonnée en train de se prendre pour Ian Wright, non. Un mec comme on n’en fait plus, un vrai Bear Grylls :

-       un sac sur le dos qui devait faire mon poids

-       un vieux short camouflage

-       une veille paire de baskets

-     un torse nu musclé et imberbe qui fait passer ton thorax pour celui d’un garçonnet de 5 ans qui aurait manger chez Mc Do depuis sa naissance

Bref, le Mâle, le vrai. Et que fait-il cet Apollon ? Il se contente de me dépasser ? Non, madame, il me dépasse en courant !

Ce monstre de l’humanité, cet être de chair et de muscle si rare est en train de descendre du volcan en courant…

Une sensation de honte m’envahi d’un coup (ça t’apprendra à faire le cake devant tes 3 copains). Le Mâle dépasse tous les autres randonneurs et arrive au pied de l’escalier bien avant moi. Arrivé à mon tour devant les marches, je le retrouve tranquillement assis sur les coulées. Il ne montre aucun signe de fatigue, il n’a pas d’égratignure et semble presque souriant : comment ne pas le détester ?

Je ne comprends cependant pas pourquoi il ne remonte pas directement les marches en petites foulées et deux par deux : quitte à prouver sa position d’Alpha-mâle autant finir le travail. Je m’assis à 4 mètres de lui pour attendre mes compagnons (trop près j’ai peur qu’il me mange comme goûter – trop loin, je ne pourrais pas analyser son comportement animal).

Au bout de quelques minutes, une fille arrive à sa hauteur « Putain, t’avais pas besoin d’aller si vite ! » « Désolé, tu veux un truc à manger, ma chérie ? »

Ah oui… Le Mâle était accompagné, mais sa « chérie » n’était pas aussi rapide. Il cherche dans son sac gigantesque de quoi nourrir sa compagne et lui-même (un paquet de Prince ?? c’est ça son goûter ? je m’attendais au moins à un bébé Panda pané pour satisfaire un tel organisme) et pendant qu’ils mangent, mon groupe tarde à arriver.

Au bout d’une dizaine de minutes Pitchoune, Pitchounette et Brian arrivent… très exténués (au moins ils sont en vie, je n’ai pas besoin d’alerter leurs parents de leur disparition).

Après une pause « méritée », je force mon trio à remonter les escaliers (de la mort). Le Mâle et sa compagne (j’allais quand même pas dire « la Femelle » !!) mangent toujours et discutent entre eux, ils se préparent toutefois à remonter bientôt. En forçant mon équipe à remonter les escaliers, je n’ai en fait qu’un seul objectif : arriver au Pas de Bellecombe avant cette Force de la nature et surtout, surtout ne pas me faire doubler pendant la montée.

L’ascension débute et comme prévue elle est dure. Mes jambes me font terriblement souffrir, les marches me paraissent immenses et le sommet inaccessible. Je perds très vite mon équipe et me retrouve seul face aux escaliers. Mes yeux voient trouble et mon souffle est haletant mais je ne cesse de me dire « Il ne faut pas que le Mâle te dépasse, il ne faut pas qu’il te dépasse, il en va de ta dignité de randonneurs !! ».

Je double (tant bien que mal) un couple de touristes âgés : « N’es aucune fierté, dépasser des sexagénaires n’est pas un exploit ! T’en vanter serait stupide et indigne ! » ce seront les seules personnes que j’aurais rencontré pendant ma montée.

Bref, au bout d’une vingtaine de minutes, j’arrive avec beaucoup de difficulté en haut de l’escalier (de la mort). Je ne tiens plus sur mes jambes et m’effondre sur le banc au sommet (aaaarrrggghhh – râle de soulagement). Je commence à chercher nerveusement ma Ventoline pour retrouver mon souffle (aucune trace) et remercie le Dieu, Allah et Bob l’Eponge d’avoir survécu à cette épreuve malgré mon T-shirt trempé de sueur et ma vision toujours aussi trouble (j’ai pourtant mis mes lentilles ce matin).

Je n’ai pourtant pas le temps de reprendre mes esprits (3 minutes se sont écoulés), j’entends des gens arrivés au sommet. Je percute tout de suite : c’est le Mâle et sa compagne ! Vite ! Je me redresse (oui, j’étais allongé sur le banc), cesse de respirer bruyamment, ramasse mon sac, plaque un sourire sur mon visage… bref, je fais tout pour paraître normal et pas fatigué !

Comme prévu le Mâle arrive en haut sans difficulté, sans souffrance apparente et toujours torse nu, il me salue avec un large sourire et repart vers le parking tranquillement. Je lui rends son salut et essaie de paraître pour quelqu’un qui fait ça tous les jours et ne s’est pas du tout pressé pour arriver. À peine, lui et sa compagne (fatiguée par cette montée, donc humaine !) hors de mon champ de vision, je m’effondre à nouveau sur le banc pour reprendre mon souffle « L’ego masculin est vraiment une chose stupide ».

Comment j’ai pu me laisser prendre au jeu aussi facilement ? Où est donc passer ma dignité de (pseudo) intellectuel ? D’un côté mon instinct masculin est heureux de cet exploit (il ne m’a pas doublé pendant la montée) de l’autre, mon esprit d’homo sapiens sapiens me trouve ridicule (tu n’es plus digne de Daria Morgendorffer).

Mais mon raisonnement et ma joie/culpabilité font vite place à de l’inquiétude : mes compagnons de route (qui se sont, bien sûr, fait doubler par le Mâle) n’arrivent toujours pas.

Alors que je les attends, plusieurs couples de sexagénaires (ayant réellement fait la randonnée) arrivent au sommet, ainsi des groupes d’amis, des personnes seules d’une quarantaine d’années… Par combien de personnes se sont-ils fait doublé ? Le trio fait son apparition très tardivement (une vingtaine de minutes). Essoufflés, fatigués et le regard mauvais, ils me maudissent de les avoir emmenés au volcan par un si beau dimanche. C’était un temps parfait à rester chez soi pour regarder des séries et surfer sur le net…

À regarder leurs visages, ils ne doivent pas posséder cet ego primal friand de compétition virile que je viens de découvrir en moi… Ils en ont de la chance.

Notre journée s’achèvera par une gaufre dans le port de Saint-Gilles-les-Bains, ce n’est pas le bébé panda pané, ni le paquet de Prince de Lu du Mâle, mais ça me suffit. Mon seul espoir, c’est de ne pas avoir dégoûter mon trio de la randonnée, parce que maintenant, je n’ai qu’un souhait, m’améliorer pour la prochaine fois que je rencontre une autre Bête de ce genre en randonnée.

Pour voir les photos de cette visite du volcan, vous pouvez aller sur mon compte Flickr (pas besoin de connexion) en cliquant sur « More Photos » dans la rubrique Guétali (colonne de droite).

économie et social

Pierre Bourdieu (1930-2002) était un sociologue français célèbre. Cet homme dont je n’ai pas eu le courage de lire la biographie complète sur Wikipedia (plus de 20 pages) a étudié la formation des groupes sociaux en France. Il propose une hiérarchisation de la société différente de celle se basant sur les logiques économiques qui opposent la bourgeoisie riche et les ouvriers (c’est-à-dire comment Marx voyait la société sous le capitalisme). Bourdieu propose d’ajouter à ce capital économique un autre paramètre : le capital culturel. En effet selon Pierre, la ressource économique n’est pas suffisante pour déterminer notre situation dans la société. Ainsi les études d’un individu sont tout aussi importantes que son héritage et ses possessions matériels. Cette vision lui permet de définir le schéma suivant : Espace des positions sociales et espace des styles de vie.

Ayant beaucoup apprécié ce graphique (j’avoue que l’ai trouvé drôle et proche de la réalité), je me suis dit que je devais l’adapter à la sauce réunionnaise. Cela peut paraître un peu abscond mais je vous demande un peu de persévérance car on doit être proche de la réalité de la société réunionnaise (cliquez dessus) :


J’attends votre avis, remarques, corrections…

Pour en savoir plus sur Pierre Bourdieu et son tableau :  Une théorie de l’espace social