Comme je l’ai expliqué dans mon dernier article, je suis en ce moment en train de suivre les Jeux Olympiques de ParisLondres. J’adore cet événement qui arrive tous les quatre ans et qui nous fait à chaque fois découvrir de nouveaux sports et des athlètes extraordinaires. Et puis pour une fois qu’il y a autre chose que de la télé-réalité, des vieilles séries américaines et des télénovelas à la TV, je ne vais pas me priver.
Depuis 2 jours, je commences par contre à me poser des questions sur ce que je regarde… je ne sais pas si c’est la manière dont certains sports sont filmés ou si c’est la tradition du sport lui même qui veut ça, mais je trouve que certaines compétitions sont très érotiques… (cliquez sur les images, vous ne serez pas brûler par la foudre divine)
et ce n’est pas du beach-volley féminin
C’est ce qu’on appelle le sporno ou comment des images de compétitions sportives peuvent être vu comme de l’érotisme hardcore gay… manque plus qu’un certain logo (R2 comprendra)
Promis, vous aurez droit à un vrai article la prochaine fois (je suis en train de le préparer)
Un petit message pour vous dire qu’il me sera difficile de mettre à jour le blog pour les deux prochaines semaines…
Pourquoi donc ? A cause des Jeux Olympiques de Londres ! Un programme rempli de sueur, de larmes, de sang, de muscles, et même de fille en maillot de bain (oui, le beach-volley est un sport olympique)…
Déjà vendredi soir, avec force et détermination, j’ai suivi la cérémonie d’ouverture dans sa totalité. J’ai même vu défiler des nations dont j’ignorais l’existence (alors que je suis censé être bon en géographie…). Vous connaissiez vous Sao Tomé-et-Principe ? et de Saint-Christophe-et-Niévès vous savez où c’est ? et ben moi non plus !
La cérémonie orchestrée par le "grand" Danny Boyle (oui, le même gars qui a réalisé Slumdog Millionaire et Trainspotting – on ne le répète pas assez) s’est achevé vers 4 heures du matin (heure de La Réunion) par l’embrasement de la vasque olympique (grand moment, plein d’émotions, tout ça…).
J’ai quand même un doute sur le design de la vasque… c’est peut être dû à la fatigue mais….
Okay, tout semble prêt. La bouteille d’eau, les cookies en cas de petite faim, le pyjama, le téléphone, la télé branchée sur France 3, le litre de thé bu juste avant pour ne pas risquer de dormir. C’est bon, je suis prêt pour regarder l’Eurovision.
Ce samedi 26 mai, alors que ma journée n’avait pas été suffisamment remplie, je me suis souvenu de la diffusion de la Grande Finale de l’Eurovision en soirée. Ce même soir, je devais avoir un long (très long) appel de ma chère amie Virginie. Nous avons profité de l’occasion pour discuter ensemble des prestations des artistes européens pendant ce show de plus de 3 heures (attention aux rétines et aux oreilles).
23 heures à la Réunion, 23 heures à Bakou (capitale de l’Azerbaïdjan – pays hôte), c’est parti pour le show.
On commence tout doucement avec un spectacle fort (peu) passionnant sur la culture du pays hôte. L’Azerbaïdjan, république quasi dictatorial de 9 millions d’âmes et d’une superficie de 86 000 km2 est l’organisateur de l’événement. Avec son économie soutenue par l’exploitation pétrolière, pas besoin de vous dire que la dépense d’argent à outrance pendant le show se voyait à l’œil nu. À commencer par le Baku Cristal Hall où se déroulait la compétition et dont la façade prenait les couleurs des pays qui se succédaient sur scène. Et dire que les chinois n’ont pas eu cette idée pour leur stade en nid d’oiseau !
L’éclairage du Baku Crystal Hall
La compétition commence, Virginie et moi sommes d’attaque mais le premier candidat, un vieux crooner britannique oscillant entre Eddy Mitchel et Elvis Presley nous laisse de marbre. Epic Fail pour le Royaume-Uni, leur chanteur de 76 ans ne parvient pas à nous convaincre. Certaines mauvaises langues diront que le public n’aime que les visages juvéniles dans ce genre de « compétition » et ils auront tort ! Car les grand-mères russes de Buranovskie Babuški nous ont tout de suite séduites. Venant tout droit d’un village paumé du fin fond de l’Oural, les mamies qui ont préparé leurs petits biscuits en direct et en chantant, ont été plébiscité par le public. L’Europe était gérontophile hier soir.
Quand la candidate albanaise débarque, nous avons un bug sur son look… dreadlocks en chignon, boucle d’oreille unique, robe bleu royal… On est pourtant pas au bout de la surprise… sa chanson « Suus » n’a pas beaucoup de parole (je vous voie venir espèces d’esprits mal tournées) mais ces longues vocalises et ces changements d’octaves vont faire d’elle une de mes favorites de la soirée (finalement 5ème). Virginie aura le bon ton de la qualifier de fausse Björk…
Le duo islandais qui a suivi m’a plu également, c’était mignon comme tout… Hélas pour eux, ils n’ont pas dépassé les 46 points (ce que je considère injuste). Alors que le faux aveugle lituanien avec sa choré ridiculement agitée en récupère 70 !
Je vous passe la Bosnie-Herzégovine, la Hongrie et Chypre (qui copie les grecs) pour m’arrêter sur la prestation d’Anguun qui représentait la France. Bon, la voix n’était pas là, le style non plus, la chanson est bof (même pour des français), vous l’avez compris ce n’est pas avec cela qu’on arrivera dans le top 10. Les présentateurs (dont Mireille Dumas qui devait errer dans les couloirs de France Télévision ce jour-là) la plébiscitent à mort. Non, mais ça ne vaut pas la peine de faire sa pub, on ne peut pas voter pour son propre pays, bande de crétins !
Entre les chansons, nous avons droit à des petites vidéos parrainées par l’Office de Tourisme de l’Azerbaïdjan (dont le logo est un Derrick – puits de pétrole). Nous avons appris que le pays avait une capitale très lumineuse (Bakou) avec de gros, gros buildings modernes, des autoroutes à 12 voies… On serait tenté de dire que c’est grâce aux pétrodollars qu’il y a tout ça dans un désert, mais on ne le fera pas… enfin… euh… oups !
Il y a aussi des montagnes enneigées, des plaines verdoyantes, des chevaux, des danseuses traditionnelles… vite, vite, il me faut un billet d’avion pour visiter ce pays formidable ! Je ne vous cacherais pas que les vidéos étaient très répétitives (une vingtaine au total). Ben, oui le pays n’est pas très grand, ni très diversifié niveau paysage…
Revenons à la compétition. L’Italie nous offre une fausse Amy Winehouse, l’Estonie une chanson digne de Chérie FM et la Norvège nous refile un mannequin effrayant et sans talent pour la chanson (press on PLAY if you dare !)
La candidate italienne
La candidate de l’Azerbaidjan
La candidate de l’Azerbaïdjan ne nous plaît pas des masses… mais le public (et les votes) ont l’air de kiffer à mort.
Le pays qui fait grincer des dents arrive alors : la Grèce. La candidate est prédestinée à être détesté à cause de la crise de l’Euro. Je trouve cela injuste de juger une candidate uniquement sur son pays… si on commence à penser de cette manière, cela ne servait à rien d’élire des chanteur azerbaïdjanais l’année dernière, au vu de la politique intérieur de ce pays. Mais mon laïus ne sert à rien, la chanteuse sait perdre sa crédibilité toute seule. Sorte de Shakira Grecque, elle nous fait comprendre qu’avec l’économie actuelle de son pays, elle ne pouvait pas s’acheter une robe plus longue…
« Il y a autant de syllabes dans Aphrodisiac ? »
Arrive alors la favorite : Loreen avec Euphoria pour représenter la Suède. La Marocaine n’a pas le temps de commencer sa chanson que le public est déjà agité. À l’autre bout de mon téléphone, Virginie cherche à comprendre ce que la chanson possède de si génial pour que le public accroche. « C’est très dance des années 90 ». Que veux tu ? Depuis Gala et « Free from desire » les filles à la coiffure louche et à la chorégraphie étrange chantant sur de la dance ça nous manquait…
Viens la Turquie, nouveau coup de cœur, la choré et la chanson est tellement comique que j’en suis fan.
« On dirait des vampires-marins-SM, j’adore ! »
On a dit à la chanteuse espagnole de ne pas gagner car son pays n’avait pas les moyens d’organiser la compétition l’année prochaine. Oui, ben en même temps, il n’y avait pas trop risque… (même si la chanson n’est pas si mal).
Le faux Daniel Powter Allemand (Roman Lob) qui fait mouiller Mireille Dumas
Au tour de l’Allemagne et de son faux Daniel Powter, on découvre les tendances pédophiles de la présentatrice Mireille Dumas qui le trouve à son goût. « Tu ne veux pas être mon petit-fils ? » Mireille voyons, un peu de tenue !
Petit coup de cœur pour le groupe maltais et sa « chorégraphie des pieds » (on est fans !!) La chanson est pourrie mais le mouvement de pieds (qui dure 5 secondes) suffit à les rendre intéressants, j’avoue avoir essayer de le reproduire.
Et là, c’est le drame ! L’Irlande nous renvoie les Jedward, jumeaux sans vrai talent et au look digne des chevaliers du zodiaque qu’on avait déjà supporté l’année dernière. La chanson est digne d’un film pour adolescent (American Pie) selon les dires de Virginie. À défaut de mettre le feu, ils se sont mouillé cette année. Pitié, ne les envoyez pas au concours l’année prochaine, ils n’ont pas le bac à passer ? (les Jedward en 2011 c’est ici)
Les chevaliers irlandais
Les prestations s’achèvent et je ne retiendrais que la dernière : la Moldavie qui à défaut de Dracula (que les Turcs ont volé) nous a proposé une musique traditionnelle assez bien chorégraphiée. "Très féminin la choré, t’as vu les mouvements de main du gars ?"
Viens l’heure des votes (après un intermède durant lequel le gendre du président azerbaïdjanais a poussé la chansonnette). 42 pays qui votent, c’est assez long. On comprend très vite que la Suède va gagner. Virginie, espère une remontée des mamies russes, elles arriveront deuxièmes. « Mais t’imagines, maintenant qu’elles ont perdus, elles seront expédiées dans un goulag ! Pauvres mamies !! »
Pour ma part je suis heureux que la France ne soit pas dernière, cette place étant attribuée au mannequin norvégien.
Retournes chez ta mère, Tooji !
Loreen est super-émue… ce n’est pas comme si elle était donnée favorite depuis 2 mois… et nous redonne une interprétation de son Euphoria.
La grosse déception de cette Eurovision que j’ai suivi assidument restera la non-qualification du duo autrichien pour la Grande Finale… Franchement, ils auraient largement gagné face à Loreen, si on leur avait laissé leur chance. Leur poésie, leur style, leur paroles m’ont touchés au plus profond de mon âme…. e que dire des danseuses et de cette choré très chaste… Les grands artistes sont trop souvent incompris. Je vous laisse apprécier, ceux qui pour moi auraient dû être les gagnants de cette édition : Trackshittaz avec Woki mit deim Popo (bouges ton popotin)
Sinon, un jour, Gilbert Pounia représentera la France à l’Eurovision… à ce moment là, on sera sûr de gagner ! (il a déjà la coiffure de Loreen)
Dimanche 6 mai 2012, une nouvelle nous ai apparu telle la vierge Marie derrière un pied de coco. À 22h00, heure de La Réunion, le résultat de l’élection présidentielle a été donné, marquant la fin de plusieurs mois de débats, de sondages, de meetings et de monopole dans les médias, allant jusqu’à faire oublier qu’il existe un monde en-dehors de la politique (si, si, on y croise même des gens qui ont un « vrai travail »).
Tout comme moi, cher lecteur, tu as pu voir, dans ta petite lucarne animée, des scènes de liesse chez les partisans de la Gauche (même si les vieux vous diront qu’on est loin de l’explosion de joie de 1981) ; et les pleurs des militants de la Droite (même si certains fervents attendent les législatives avant de s’avouer vaincu).
Outre le résultat, cette soirée électorale t’as permis également de faire des découvertes moins politiques. Tout d’abord l’existence du fils Hollande/Royal, un certain Thomas, très différent de Jean Sarkozy rien qu’avec son style plus proche du bobo que de l’acteur américain d’Alerte à Malibu. Ensuite, que Tulle est une petite ville charmante mais paumée dans le Massif Central :
« Comment cela il n’y a même pas un TGV pour relier Paris à 21h ?? on est obligé de prendre un jet privé à 30 000 euros ?? à Brive-la-Gaillarde qui plus est ?? Trop dur ! »
Et enfin que Laurence Ferrari et David Pujadas ont retrouvé leurs langues après qu’elles aient été prises en otage le soir du 2 mai pendant le débat entre les deux candidats.
Il y avait également les moments classiques des élections : l’allocution « émouvante » du président sortant avec tant de sincérité que j’ai failli en verser une larme dans mon yaourt…(cf. post précédent) et le discours du victorieux acclamé par ses supporters et se concluant par une interprétation à l’accordéon de « La Vie en Rose » par Monsieur le Président de la Région Limousin en personne (ils n’avaient pas répéter avant a priori).
Mais ceci n’est pas le vrai sujet de ce post. Tu t’attendais à ce retournement de situation, hein ? La petite nouvelle de cette soirée, c’est un chiffre. Après les 20% du FN au premier tour (qui était en réalité un 17,90% tout aussi traumatisant – cf. post précédent), je vais te parler du chiffre « 2 millions ».
2 millions, c’est le nombre de bulletins blancs (ou nuls) retrouvés dans les urnes dimanche dernier. Ce n’est pas rien puisque c’est plus du double de la population réunionnaise (et pourtant on fait de nombreux efforts pour procréer) !
Le vote blanc n’est pas pris en compte dans le pourcentage final et certains diront que c’est dommage, quand on sait qu’il s’agit d’un record.
Je laisse aux politologues intelligents et prétenti… euh, je veux dire pédagogue le soin d’expliquer les raisons de ce chiffre « énorme ».
Imaginons plutôt que le vote blanc soit à présent comptabilisé avec un vrai pourcentage. Cela voudrait dire qu’un type qui s’est levé de son fauteuil devant Téléfoot, pour aller couler un bulletin blanc dans une urne à l’école publique sinistre la plus proche, verrait son vote apparaître à l’annonce des résultats. Si ça ce n’est pas un grand pas pour la démocratie et un moyen de dire aux politiciens d’aller se faire voir ailleurs.
Le vote "blanc" : un moyen pour les français de dire "merde" aux politiciens
Mais avant l’arrivé de ce jour béni par l’immaculée couleur, il faut définir ce qu’est que le « vote blanc ». Est qu’on aurait un bulletin vierge sur la vieille table d’école comblé de graffiti par les enfants de CE2 ? Où devrions-nous fabriquer nous-même nos « bulletins blancs » ?
« Chéri qu’est ce que tu fais avec cette feuille au format A4, cette paire de ciseaux et cette règle ? c’est l’heure du déjeuner, on doit profiter qu’il y ait moins de monde au bureau pour aller voter » (ceci est une légende urbaine)
« J’essaie de découper une feuille blanche de la taille des bulletins de vote pour pouvoir voter blanc ! »
« Tu comptes voter blanc ? »
« Non, mais je suis contre le fait qu’on ne m’en laisse pas le choix »
« … Fais attention de ne pas te couper avec tes ciseaux à bouts ronds alors… »
Une autre solution serait de ne rien mettre dans la petite enveloppe bleue. J’avoue que c’est frustrant, surtout pour celui qui l’ouvrira, mais le message serait clair.
« Ah une enveloppe vide ? ça me rappelle ma communion… j’avais reçu une enveloppe de la part de mon parrain, mais quand je l’ai ouverte le lendemain, il y avait rien dedans… par contre, maman s’était acheté une nouvelle paire de chaussure… »
«Roger, tu vas raconter cette histoire à chaque enveloppe vide ?? Parce que j’ai autre chose à faire après le dépouillement !"
Normalement, souiller un bulletin, c’est-à-dire écrire ou rayer un nom, est considéré comme un vote nul et non un vote blanc. La politique n’aime pas le customisation.
« Même si je fais un cœur à côté du nom de Philippe Poutou ? c’est pas souiller un bulletin là ! c’est le magnifier ! »
De toute façon le résultat reste le même, pas besoin de trop s’embêter finalement pour voter blanc.
« Moi j’ai pris les bulletins de chacun des candidats et j’ai fait un origami de bateau avec »(True story).
Pour éviter d’avoir ce genre de vote nul, rayé, vide… il suffirait de faire un bulletin avec « BLANC » marqué dessus, ce serait bien plus simple.
« Ouais mais j’ai quand même l’impression de voter pour Laurent Blanc… Je ne la sens pas votre affaire là… Vous imaginez s’il est élu ? il a déjà du mal à choisir la composition de l’équipe de France de football, alors imaginez pour une équipe de ministre »
Un autre défaut d’un bulletin marqué « BLANC » c’est sa possible interprétation erronée…
« Ce vote est la preuve du désir des français de retrouver leurs valeurs et la supériorité de la race blanche ! »
Ouais… Fausse bonne idée ce bulletin « BLANC ».
« Excusez-moi, je fais comment moi, pour soutenir les métis « yabs-malbars » je peints mon bulletin en marron ? ».
Il reste encore pas mal d’organisation à mettre en place pour concrétiser la prise en compte du vote blanc… Mais heureusement il reste du temps pour réfléchir à tout ça avant la prochaine élection…
…
Quoi ? ah oui, les législatives ! J’avais presque oublié… encore des meetings, des débats et des sondages ! aaargghhh !! Moi qui pensait qu’on pouvait souffler un peu. Bon, je te donne encore une idée pour voter blanc mon petit lecteur…. Une certaine personne (Zou cf. liens) conseille de mettre un blanc de poulet dans l’enveloppe.
Je vous conseille de couper le blanc de poulet en petits bouts pour que cela entre dans l’enveloppe
C’est une idée, pas pratique et répugnante vu que cette viande va rester dans une urne fermée toute la journée… mais c’est une idée. Après tout le coq est le symbole de la France ! (défendons l’indéfendable avec des arguments douteux)
« Ah un blanc de poulet, ça me rappelle la fois où mon père a quitter la maison pour aller acheter un paquet de cigarette et qu’il n’est jamais revenu, maman avait préparer du poulet ce soir-là… »
«Roger, t’as pas fini de nous raconter ta vie pourrie ?! Donne moi cette viande, on aura au moins un truc à bouffer après le dépouillement !"
(Quoi la conclusion te déçois ? Ben fais partager tes techniques pour voter blanc alors !)
PS : la photo bonus, la une de l’Express si Nicolas Sarkozy aurait gagné à l’élection. Vous trouverez cette version dans aucun kiosque à journaux… (à moins d’être dans un monde parallèle)
Depuis quelque temps, on croise des jeunes gens sur les trottoirs dans le centre-ville de Saint-Denis. Ils attendent près de la route sous un soleil de plomb, affublés d’un gilet jaune. La première fois que je les ai vus près de la rue de Nice, je me suis dit qu’il était un peu tôt pour se prostituer, mais qui sait ? les tarifs sont peut-être plus abordables en pleine journée que le soir, et au moins la lumière du jour permet de distinguer les travestis des non-travestis…
« C’est combien mademoiselle ? »
« Hein ? quoi ? ou fout’ a ou d’ma gueule ? »
« Ben quoi ? »
« Mi compt’ lotos couillon ! » (comment on écrit « voiture » en créole ?)
« Quoi ? avec votre look dévergondé, votre langage grossier et votre gilet jaune, vous êtes comptable ?? »
« Mi compt’ lotos pou la direction des routes ! »
En voilà un travail fascinant mes amis, « comptable loto » ! La direction régionale des routes a enfin trouvé un moyen de réduire le chômage des jeunes. Après les émeutes du Chaudron, il fallait réagir et créer des emplois, et la DRR a trouvé LA solution !
Tu es un jeune chômeur et tu n’as pas dépassé le cap de la 3ème ? Nous avons un travail pour toi ! Mais avant que tu signes ton CDD de 5 mois, un petit test s’impose… jusqu’à combien tu sais compter ?
« Ouais ça devrait suffire comme ça mon gars, signe et on te file un gilet jaune et un bloc note, les lunettes de soleil et crème sont à ta charge »
« Une question messié le DRH de la direction d’la route, est ce que plus mi compt’ l’auto, plus mi gagn’ l’argent ? »
« Bien sûr, il y a une prime, à chaque voiture comptée vous avez droit à 10 centimes de plus sur votre salaire ! Allez maintenant taisez-vous et aller me compter les voitures sur la route de Piton Fougères »
« Mais n’a poin’ l’auto là-bas ! cossa ou veut mi compt’ ! ou gaign’ pas donn’ à moin pou compter sur boulevard Sud à 17h ? »
« Non ça c’est réservé au fils du directeur, lui aussi, il a raté son brevet des collèges ».
Je pense que c’est en comptant les tétrapodes qu’ils mettaient en bas la route du littoral que les gars de la direction des routes ont eu l’idée de créer ce « métier »…
l'équipement du bon comptable en gilet jaune
C’est quoi le but de ce comptage qu’un simple radar pourrait faire ? Évaluer l’importance du trafic routier ? pas besoin de stats pour voir que le réseau est saturé !
Bon après, je ne vais pas non plus cracher sur le métier, si ça peut permettre à certains jeunes sans emploi ni formation d’économiser pour l’achat d’un bal de riz chez Leclerc… Mais je vais commencer par croire qu’on aime faire compter les réunionnais.
C’est comme ces jeunes qui bossent à l’observatoire des prix. Vous voyez de quoi je parle ? Vous les avez sans doute déjà croisés ces jeunes errant dans les supermarchés avec une calculatrice et un bloc-notes. Leur métier ? Noter l’évolution du prix des paquets de lessive Ariel ou du kilo de brèdes.
« Chef, le kilo de chouchou est montée de 50 centimes encore aujourd’hui »
« À combien le kilo ? »
« 2,80 euros, chef ! »
« C’est bon, appelez Isabelle Hoarau sur Réunion Première, on va enfin gagner au jeu du prix ! à nous les places de ciné gratuites pour voir Twilight 5.2 ! »
Quoi vous ne connaissez pas le jeu du prix les matins sur Réunion Première Radio ? C’est la preuve que même dans les jeux, on aime nous faire compter. Le principe ? Il suffit de deviner quel est le prix d’un kilo de tomates, de bananes ou encore gingembre sur le marché forain pour pouvoir gagner un ticket pour le prochain concert de Gilbert Pounia. Oui, Réunion Première soigne notre côté maso, comme si cela nous faisait plaisir de connaître la réponse et de clamer fièrement à l’antenne que le kilo de courgettes était passé 2,30 euros !
Le kilo de tomates ? combien pour le kilo de tomates ??
« Isabelle, mi connaît la réponse ! Le kilo tomates lé à 2,90 euros su marché forain Saint-Paul ce matin ! Cossa moin la gagné ? Hein ?? 2 places concerts pou Gilbert Pounia ?! Mi na 6 marmailles pou nourri et ou donn’ a moin deux places concert ?! ou noré pu donn’ à moin le kilo tomates ! ».
Après si ce jeu ne vous plaît pas, vous pouvez toujours affronter l’enthousiasme sans faille et inquiétant de Christophe Berger dans « Tout le monde joue », là aussi, pour certaines questions, il faut savoir compter :
« Quel est le pourcentage de jeunes chômeurs à La Réunion ? »
Tout bien considérer, il est préférable de compter le nombre de voitures passant sur la route de Piton Fougères, c’est toujours plus distrayant que de compter nos souffrances… Bon courage aux gars en gilet jaune… « Oubli pas mett’ un casquette su zot’ têt’ ! Soleil i tap’ ! »
P.S : ce post devait être au départ une vidéo, mais au vu de la piêtre qualité des images filmés, j’ai préféré vous faire part du texte original. Pour la version vidéo, ce sera pour une prochaine fois (ou pas !) J’aurais besoin d’aide sur ce coup-là (recherche acteur >.<)