l’école des embouteillages

J’avais déjà écrit un article sur les embouteillages (ici), je l’ai repris et transmis au Quotidien de la Réunion. A ma grande surprise, ils l’ont publié dans le courrier des lecteurs. Voici donc la version non coupé de ce courrier :

Cela fait plus d’une semaine que les vacances sont terminées et nos têtes blondes, noires, crépus, lisses, rousses… ont retrouvé le chemin de l’école. Bien sûr il y a eu ceux qui étaient tout contents de revoir leurs camarades de classe et partager avec eux leurs souvenirs de vacances (je suis resté à la maison, j’ai regardé la TV, joué la console, surfé sur internet….) tout un programme ! Mais il y en a eu aussi ceux qui étaient moins heureux et qui ont dû pleurer dans les robes de leur mère une fois la cloche sonnée.

Je compatis avec ces derniers. J’étais un marmaille qui aimait l’école, mais encore aujourd’hui à la rentrée scolaire moi aussi j’ai envie de pleurer dans la robe de ma mère et ceci pour une raison simple : je suis automobiliste !


Les vacances sont un moment propice pour ceux qui prennent la route chaque matin pour aller travaillé à Saint-Denis. Mais le retour des marmailles à l’école correspond aussi au retour des embouteillages pour aller vers le chef-lieu (qu’on soit de l’Est ou de l’Ouest) et plus les années passent plus le nombre de voitures semble augmenter (comme le nombre d’élèves par classe). La rentrée c’est donc le moment pour nous autres conducteurs de retrouver, comme les enfants en classes, nos camarades de la route et comme à l’école il y a toujours les mêmes têtes.


Dans les embouteillages il y a tout d’abord nos amis chauffeurs de poids lourds qui par leur taille nous empêchent de voir la route. Ils sont comme les grands garçons qui s’asseyaient devant nous en classe et nous empêchait de voir le tableau… on a qu’un seul souhait : leur passer devant !

Dans un autre registre, il y a les fourbes qui ralentissent au moindre accrochage, petit accident ou voitures bordées sur la bande d’arrêt d’urgence. Tels de petits charognards, ils adorent observer l’état des conducteurs et appeler Freedom au plus vite pour signaler l’incident. À l’école, ils correspondent aux sales rapporteurs qui appelaient la surveillante ou l’instit pour dénoncer les bagarres des autres camarades. Le phénomène du « rapporteur qui ralenti » est plus que gênant quand « l’accident » en question et dans l’autre sens de circulation…

On retrouve également « les enfants terribles » qui conduisent n’importe comment et doublent comme des fous, ceux là même qui ont des autocollants de flammes ou de bull-dog avec des vitres teintées et qui vous klaxonnent au premier ralentissement. À l’école, ils correspondent aux dézordeurs que nos parents nous défendaient de fréquenter parce qu’ils pouvaient avoir une mauvaise influence sur nous, leur avenir était souvent incertain.

Il y a aussi « les riches », dans les cours de récré, ce sont ceux qui portaient des T-shirts de marque et des baskets flambants neuves. Sur la route ce sont les propriétaires des plus grosses voitures. Ces conducteurs toujours pouponnés (chemises chères et lunettes noires) ont droit à des regards envieux des autres camarades conducteurs.

Heureusement, on peut toujours se moquer des petits nouveaux, ces jeunes automobilistes nerveux avec leurs plaques A dans le dos. Souvent se sont de jeunes étudiants timides allant à la fac et ne sachant pas ce qu’ils doivent faire. Ils ont encore plein de choses à apprendre dans cette jungle routière avant de se trouver une personnalité, leurs gestes sont hésitants et tout le monde se fout d’eux.

Cette bande ne serait rien évidemment sans « les enfants sages », ceux là même qui ralentissent bien voire trop bien devant chaque radar et qui font gaffe aux limitations de vitesse, car les enseignants… je veux dire les agents de police nous surveillent.

À ce petit monde de la route, s’ajoute les motards, les rebelles par excellence, les plus cools du bahut, qu’on regarde avec avidité nous dépasser dans les embouteillages, mais qui pourtant craignent la moindre averse. En cette saison on retrouve aussi sur certaines portions de la Nationale nos potes agriculteurs avec leur tracteur roulant à 50 km/h qu’on peine à dépasser dans les montées (celle de Bel Air à Sainte-Suzanne en particulier). Ceux-là, on ne sait pas très bien ce qu’ils viennent faire là mais on fait avec. Ce sont les camarades de classe louches, les bizarres… On n’apprécie pas vraiment leur compagnie et on préfère les fuir au plus vite.


Mais dans cette cour de récréation d’automobilistes, on a quand même tous le même but : arrivé à destination (Saint-Denis). Et après de longs ralentissements, des montées, des descentes et des feux rouges interminables (sur le Lancastel en particulier), nous arrivons souvent exténué à notre place de parking (si elle n’est pas prise). À ce moment, nous avons la même interrogation que les enfants qui sont à l’école : quand est ce que je ne saurais plus obligé de subir tout ça ?

Je vous souhaite à tous, amis usagers de la route, une bonne rentrée ! Un jour, peut être, nous prendrons le bus !

Pour retrouver la version paru dans le Quotidien de la Réunion cliquez ici

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Une réflexion au sujet de « l’école des embouteillages »

  1. 4 colonnes dans le courrier des lecteurs!! Félicitations! Néanmoins, les coupes ont enlevé l’humour et l’ironie qui te ressemble.
    P.S.: la fin me laisse penser au « Voyage en train » de Grand Corps malade: […]Maintenant tu sais, la prochaine fois tu prendra le bus.

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