humeur : grand raid 2012

Cela fait une semaine que mes vacances se sont terminées. En regardant les photos prises pendant mes 3 jours à Mafate, j’ai l’impression que tout cela s’est déroulé il y a un siècle…

Le retour à la réalité et au travail fut difficile, surtout quand ce retour débute par un trajet en bus assis à côté d’un grand gaillard transpirant qui a une quinte de toux toutes les 2 minutes (ce qui correspond à peu de chose près à chaque arrêt de car).

À Mafate, isolé de la civilisation et des jeunes chaudronnais, j’étais dans un autre monde, une autre réalité, plus douce, plus verte. Un vrai bonheur pour les yeux et l’esprit, un peu comme un documentaire de Yann Arthus Bertrand mais sans la voix-off moralisatrice prêchant la bonne parole écologiste.

Bien, trêve de mélancolie, je vous vois bailler derrière votre écran, quoi de neuf à La Réunion en ce moment ?

Le Grand Raid débute cette semaine ? Ah ben cool ça fait une bonne transition avec mes vacances… C’est la vingtième édition, déjà ? Comme le temps passe vite ! Je me souviens de l’époque où la compétition était à ses débuts. J’avais 5 ans, j’étais en grande section en maternelle et la maîtresse nous apprenait la chanson du gars qui avait une maison en carton et de son facteur au nez cassé. Quoi vous vous attendiez à un souvenir de la première édition du Grand Raid de ma part ? Je veux bien être précoce, mais à cette époque, je m’intéressais plus à Nicky Larson qu’à une bande d’hommes transpirants et en short parcourant les pitons, cirques et remparts de l’île…

Si vous vouliez de la nostalgie, vous n’avez qu’à demander au président de l’association du Grand Raid : Robert Chicaud (qui à une ressemble troublante avec Raymond de la série Scènes de ménages sur M6). Je suis sûr que si vous vous mettez sur ses genoux et que vous le lui demandez gentiment, papy moustache vous racontera l’histoire féerique du Grand Raid (alors appelé la Marche des Cimes) et de ses fous qui un matin en se levant se sont dit que ce serait trop cool de traverser l’île en courant avec un numéro sur le dos.

non, sans déconner, vous ne trouvez pas qu’il a un petit air de Raymond ? tout est dans la moustache

Oui, parce qu’il faut quand même être siphonné du cerveau pour s’engager dans une course pareille ! J’ai beau être nostalgique de ma retraite de 3 jours à Mafate, je n’oublie pas pour autant ma souffrance dans les montées et descentes de relief plus méchant les uns que les autres (aaahh ! la Brèche !). La même chose en courant me paraît être impossible ! et pourtant chaque année, des milliers d’aliénés se retrouvent à Saint Philippe à 22h, lampe frontale vissée sur le crâne, baskets aux pieds et testament préparé, prêt à montrer que zot’ aussi lé capab’.

Mafaaate ! Ton univers impitoyableeeuuh !

Nous retrouvons une partie d’entre eux à demi effondré 6 heures plus tard au pas de Bellecombe (ou à Mafate pour les plus résistants), épuisée, les yeux vides et les jambes aussi frêles qu’un château de cartes. « Ah ben c’est le jeu ! Quoi vous voulez que l’association vous paie les soins d’hôpitaux ? ça ne va pas être possible, notre structure risquerait de couler. Utilisez le trou de la Sécu, ils ne sont pas à quelques milliers d’euros près… Et non, pour la énième fois, un coureur qui abandonne ne peut pas se faire rembourser ses 135 euros d’inscription, vous savez, on est une association avec des petits moyens monsieur… » (sponsorisée par Tereos, EDF, SFR, le Crédit Agricole…)

ils ont beau peindre le parcours aux couleurs de la Gay Pride, cela ne l’empêchera pas d’être hard !

Cette image peu reluisante du raideur à demi comateux attendant l’extrême onction, vous ne la retrouverez pas sur les pubs des sponsors, il ne faut pas effrayer la population. Non, on préfère montrer de belles images de raideurs à la queuleuleu sur une crête ou courant avec comme arrière plan le lever du soleil sur le Piton de la Fournaise. Car la grande star de cet événement (avec le gagnant du Grand Raid) c’est bien sûr l’île de La Réunion.

Combien d’entre vous en regardant les images des raideurs parcourant l’île se sont dits avachis derrière leur écran de télé : « Té ! seulement nous n’a la chance habite su un île lé jolie oui ! » suivi d’un « dommage que mi gagn’ pu marché pour admir’ tout ça ». Oui, le réunionnais trouve son île jolie, mais préfère le tunning et les télénovelas à la randonnée. Il trouvera toujours une excuse pour justifier la moisissure qu’il y a sur ses baskets de rando : hernie, fatigue, distance, météo…

Météo ! Ah oui, que prévoit les Philippe Caroff (Météo France Réunion) pour cette année ? L’édition 2011 avait connu la boue et la pluie, pour les 20 ans du raid, on a droit à quoi ? Un cyclone ? ah oui, rien que ça… Té, Philippe toujours là pour nous peindre le ciel en gris… un cyclone au mois d’octobre, on avait une chance sur combien ? Tu le fais exprès, non ? et je pari que Gilles Mallet est aussi dans le coup. Plus avide de rouelles de porc que de course à pied, Gilou a du participé à ce plan machiavélique pour pourrir le Raid.

Reste plus qu’à attendre… Fé pas la boue avant la pluie…

Pendant que les raideurs se préparent, que les sponsors fassent leur pub, que le cyclone Anaïs s’approche et que la moustache de Robert Chicaud pousse, je m’en vais classer mes photos de Mafate. Car contrairement au lièvre-raideur pris dans sa course, la tortue-randonneuse que je suis, a le temps d’admirer la beauté de l’île quand elle parcourt ses sentiers.

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