[vidéo] le baccalauréat

Plusieurs choses à dire sur la vidéo que vous allez regarder…

Tout d’abord, oui, la vidéo dure près de 10 minutes et c’est « long » pour une vidéo. Mais c’est un parti que j’ai pris de ne pas la diviser en 3 parties (avant, pendant et après le Bac), cela ne me plaisait pas, je ne suis pas de ceux qui font des films en 3 parties inutilement…

Vous pouvez trouver le texte original de la vidéo en cliquant ici

Je parle dans cette vidéo du Bac Scientifique, tout simplement parce que c’est le bac que j’ai fait et qu’il est préférable de parler d’un truc qu’on « maîtrise » un peu. Je pense d’ailleurs que les épreuves ne sont plus vraiment comme je les décrit, il faut savoir que j’ai passé mon bac, il y a presque 10 ans, comprenez moi…

Cette vidéo m’a été inspirée par mon professeur de SVT de Terminale qui nous avait fait un monologue comique sur l’examen afin de nous rassurer. Je dédie, à ce titre, cette vidéo à tous ceux qui ont passé le bac avec moi (mes camarades de classe) certaines références ont un lien avec mes années de lycée.

Bon courage aux lycéens qui passent le bac cette année !

ATTENTION !!

Le Letchi pense aussi au petit zoreil perdu sur ce site et qui a dû mal avec le créole réunionnais, des sous-titres en français sont disponibles pour cette vidéo ! Il suffit de cliquer sur le logo « sous-titres » de la fenêtre Youtube (l’espèce de carré avec CC dedans) et de choisir « Français » (et pas « Français (sous-titres automatiques) » ). Les sous-titres sont édités quelques jours après la mise en ligne de la vidéo, soyez patients, cela demande du temps ^.^

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faut passer ton bac !

Avant-propos : ceci est le texte original de la vidéo sur le Baccalauréat. Je tenais à vous faire part du travail qu’il y avait derrière une vidéo et à ma manière de procéder. Tout d’abord un texte avec mon cheminement d’idées (comme ci-dessous), ensuite viens la mise en dialogue, l’ajout de certaines « blagues » et références. Pour finir, arrive la « traduction » du texte en créole avant « tournage ». J’espère que cela vous plaira. Il doit sans doute rester pas mal de fautes de français et d’orthographe dans le texte, mais comprenez bien qu’il s’agit d’un document de « travail » avant tout.

Le baccalauréat, on t’en parle depuis la maternelle, c’est une sorte d’épée de Damoclès au-dessus de ta tête qui attend le moment opportun pour te tomber dessus. Quand t’es petit le bac te paraît très loin dans l’avenir. Puis, la primaire passe, les années de collège filent, t’es en seconde, en première et bam ! T’es parachuté en terminal S sans que t’es eu le temps de comprendre ce qui t’arrives.

Et dès la rentrée d’août, tu te dit : « aller, c’est la dernière ligne droite, je vais tout donner, je vais bosser comme un dingue et je vais l’avoir mon bac ». Pauvre naïf ! Comme si 8 mois de travail acharné aller pouvoir rattraper 15 années de glandage.

Plus le temps passe, plus tu te remets en question : « Pourquoi je fais une terminal S, je ne sais même pas la différence entre une hypothèse et une théorème ».

Faut dire que tu as une certaine pression lors du passage du bac, tout le long de l’année, tes parents te regardent avec inquiétude. A tes moindres fait et geste, ils estiment tes chances de réussir tes épreuves. « Il ne mange plus de fromage depuis qu’il a commencé les équations différentielles, c’est mauvais signe, il va rater son épreuve de maths ». Dans leurs yeux beaucoup d’attente, comme si le baccalauréat était l’épreuve ultime pour savoir s’ils avaient réussi ton éducation.

Que tu sois poli avec les gens, cordial, souriant et bien élevé, ils s’en foutent, pourvu que t’es eu ton bac.

Les professeurs te fileront également une pression tout au long de l’année, avec des contrôles dignes de tortures mentales et des exercices qui relèvent du supplice.

Ils ponctueront souvent leurs cours par cette phrase : « Moi je vous dit ça pour vous, hein, parce que moi je l’ai eu mon bac ».

Et ?

Qu’est ce qu’elle est censé signifier ? Genre t’as eu ton bac, t’es devenu prof, t’as réussi ta vie ? Eh mon gars ! T’es prof ! pas astronaute !

Et l’année coule tout doucement, en décembre, t’as encore rien retenue de la moitié du programme, mais tu positives « j’ai toutes les vacances de janvier pour réviser ».

Fin janvier, t’as rien foutu de tes vacances, t’as perdu ton temps devant l’ordinateur et tu culpabilises.

Arrive les petites vacances d’avril, deux semaines pour avaler le programme de maths, de physique-chimie, d’SVT… mission “pas possible” !

Tu commences à redevenir croyant, tu brûles des cierges devant tous les Saint-Expédit que tu croises. T’as débuté un carême, t’as fait une promesse à la chapelle. Tu te gaves de Red Bull, de gélules au magnésium et à la gelée royale. Chaque matin, tu te rinces la bouche avec de l’huile de foie de morue. Bref, tu mets toutes les chances de ton côté.

Pendant ce temps, tes profs font des prédictions sur les chances de tes camarades de classe et toi-même d’avoir le baccalauréat.

“Toi t’auras ton bac, toi tu ne l’auras pas, toi non plus, toi tu l’auras peut être aux rattrapages”.

C’est un supplice, il reste à présent une semaine avant le bac, la semaine de révision, tu as peur. Tu erres tel un fantôme dans ta maison, tu ne parles plus à personne, t’as le nez dans les bouquins, tu rêves d’équation, de tangentes, des protons H+ et des lois de Newton. Toute la journée, un toc-toc, t’empêche de réviser, c’est le bruit des matchs de Roland Garros à la TV. Ta sœur est en train de les matter, tu te retiens de ne pas lui faire avaler à la télécommande tellement t’es à cran.

Jour du bac, tu arrives entièrement en noir au lycée. Tu ne dis bonjour à personne, la philosophie c’est la roulette russe mais avec une arme chargée à 5 balles sur 6. Réussir sa philo, c’est avoir une note au-dessus de 7.

Le sujet arrive, t’as rien compris, ton pote Manuel avait raison, il fallait fumer un join avant de commencer l’épreuve. Il faut au moins ça pour être dans l’état d’esprit des philosophes.

“Platon était très connu pour sa culture… de chanvre”

J’accuse le ministère de l’éducation de mettre l’examen de philosophie en premier, uniquement pour que les lycéens garde espoir après le premier jour « les autres épreuves ne pourront pas être pires ».

Naïfs !

Épreuve suivante : Mathématiques, coefficient 6. Tu flippes sur un seul truc : « on a droit à la calculatrice ? » T’as mis tout ton cours dedans. Je connais un type qui a débarqué à l’épreuve de maths avec 3 calculatrices. Le surveillant lui a dit : “vous avez droit qu’à une seule calculatrice”, le type à regarder le sujet, regarder ses calculatrices, regarder le sujet, regarder ses calculatrices, puis ranger 2 d’entre elles.

Moi aussi, j’aurais pu enregistrer mes cours de ma maths sur ma calculatrice. Le problème c’est que j’étais trop honnête. Non, en vrai, je ne savais pas comment faire, et j’avais la flemme de lire le manuel.

L’épreuve est terminée avant même que t’es compris qu’elle ai commencé.

L’après-midi : anglais. Tu maîtrises, à force de regarder des vidéos en anglais (du porno) et des séries, cette langue t’es familière. Mais tu vas vite comprendre, mon cher ami, que pour toi l’anglais reste une langue étrangère. Le sujet arrive, t’as rien compris au texte. À la sortie, tes camarades parlent d’un personnage nommé Douglas qui aurait perdu son chien… tu ne vois pas de quoi ils parlent et qui est ce fichu Douglas.

“Dans le texte, il y avait bien un perroquet, non ?”

Mais, toujours crédule, tu gardes espoir, il reste deux jours d’épreuve.

Le lendemain matin : histoire-géo. La matière dans laquelle t’as rien branlé durant toute l’année. À l’époque tu te disais : “coefficient 3 ? ça ne sert à rien ! Je préfères me concentrer sur les matières importantes !”

Tu détestes le gars que tu étais dans le passé, t’as envie de remonter dans le temps et de lui bouffer les couilles.

L’épreuve passe, rien te revient en mémoire, tu réécris l’histoire à ta manière, après tout on n’est pas à ça près, tu brodes…

“La Seconde guerre mondial de 1970…”

Pendant ce temps, tes voisins d’infortunes, mange les petits gâteaux qu’ils ont emmené pour l’épreuve, le bruit des sachets de biscuits froisser de mets encore plus la haine !

L’après-midi, physique chimie, tu vas comprendre que c’est aussi une langue vivante.

Le sujet arrive, tu regardes tes camarades, avec espoir, tu espères ne pas être le seul à rien comprendre au sujet. C’est là que tu te rends compte que personne ne semble perturbé, tout le monde penche gentiment sur sa copie.

“Les bâtards !”

Exercice 1 : tu ne comprends pas la première question. Question 2 : il faut la réponse de la question 1 pour répondre, question 3 il faut la réponse à la question 2 pour y répondre.

Exercice 2 : « Monsieur, vous vous êtes trompés, vous m’avez donné l’épreuve de spécialité. Quoi ? Non c’est bien le sujet ? On a droit à la calculatrice ? ».

Il ne reste plus qu’une journée d’épreuve.

Le matin : SVT, coefficient 9. Ton bac dépend de cette épreuve, ta vie dépend de cette épreuve.

Et là boum ! Sujet principal : Géologie.

« Personne n’apprend ces cours de géologie ! C’est quoi ce bordel ? qu’est ce que la subduction ? J’ai appris l’évolution de l’Homme pour rien ?! »

T’arrives à peine à faire une page de dissertation, alors qu’un de tes camarades demande au surveillant une deuxième feuille au bout de 20 minutes, t’imagines comment lui éclater la tronche à la sortie.

En sortant, tu vois ton prof d’SVT qui est aussi ton prof principal, il t’attend pour savoir si cela s’est bien passé, il a toutes les solutions, tu passes devant lui comme si tu ne le connaissais pas, t’as pas le courage de voir les corrections. A midi, tu pleuras jusqu’à en être déshydraté.

L’après-midi : il reste quoi ? Espagnol ? Oui, tous tes espoirs sont fondés sur cette dernière matière. T’es zéro en espagnol, mais tu gardes cet espoir minable que cette matière de coefficient 2 va sauver ton foirage magistral en maths, physique-chimie et SVT.

Toi qui sait à peine dire : « Buenos dias, como te llamas, me llamo Letchi ». T’as l’audace te croire que pendant ton examen tu sois toucher par la grâce et que tu deviennes bilingue.

A la fin de l’examen, la grâce n’est pas venu, t’es une merde en espagnol, de toute façon, ta prof te l’avait toujours dit… Par contre tes petits camarades sont tous fiers de leurs épreuves.

Les épreuves sont à présent terminées.

Tes parents te demandent comment cette semaine s’est passé, tu hoches la tête mais ta langue reste figé.

Les jours passent, chaque seconde jusqu’au jour des résultats te paraissent longues et lourdes.

Le jour des résultats, tu cherches ton nom sur la liste. Tu lis le nom des gens, pensant reconnaître le tien. Non, tu relis trois fois, je m’appelles comment encore ?

T’es même plus sûr de ton nom, alors que c’est la première chose que tu apprends quand t’es petit !

Tu ne trouves pas ton nom ! Adieu, bac, école d’ingé, femme, voiture, enfants et retraite, tu finiras chômeur stupide à regarder des rediffs de Chez Mangaye.

Tu sors le couteau pour te tailler le veines et salir de ton sang toute cette liste de gagnants. Quand tout à coup, un camarade de classe que tu n’as pas vu venir te dit « ah ben il est là ton nom ! ».

Tu es euphorique, t’as gagné la coupe du monde. A présent tout ce que tu touches vaut de l’or, tu es Dieu, t’es le plus fort, même ta pisse sent la rose !

Jusqu’à ce qu’un de tes camarades de classe, celui qui n’a rien branler durant toute l’année, celui qui te demandais comment faire une dérivé et qui confondait la drosophile et les pois de Mendel te dit « Ouais je l’ai eu aussi, avec mention en plus ».

« Non, mais ça n’a plus de valeur, le bac, c’est vraiment trop facile de nos jours tout le monde l’a »

Tu relativises rapidement.

Le bac est la clé de ton avenir, il t’ouvre des portes.

Ce que le ministère de l’éducation national te dit pas c’est que le bac te ferme aussi certaines porte, avec le bac tu ne peux pas devenir coiffeur, mécano, poissonnier, électricien, boulanger alors améliore vraiment ta vie, fais un CAP.

La prochaine fois je vous raconterai, la rentrée à l’université ! Ou comment vous pensiez avoir un avenir !