l’art du vote blanc et autres histoires du second tour

Dimanche 6 mai 2012, une nouvelle nous ai apparu telle la vierge Marie derrière un pied de coco. À 22h00, heure de La Réunion, le résultat de l’élection présidentielle a été donné, marquant la fin de plusieurs mois de débats, de sondages, de meetings et de monopole dans les médias, allant jusqu’à faire oublier qu’il existe un monde en-dehors de la politique (si, si, on y croise même des gens qui ont un « vrai travail »).

Tout comme moi, cher lecteur, tu as pu voir, dans ta petite lucarne animée, des scènes de liesse chez les partisans de la Gauche (même si les vieux vous diront qu’on est loin de l’explosion de joie de 1981) ; et les pleurs des militants de la Droite (même si certains fervents attendent les législatives avant de s’avouer vaincu).

Outre le résultat, cette soirée électorale t’as permis également de faire des découvertes moins politiques. Tout d’abord l’existence du fils Hollande/Royal, un certain Thomas, très différent de Jean Sarkozy rien qu’avec son style plus proche du bobo que de l’acteur américain d’Alerte à Malibu. Ensuite, que Tulle est une petite ville charmante mais paumée dans le Massif Central :

« Comment cela il n’y a même pas un TGV pour relier Paris à 21h ?? on est obligé de prendre un jet privé à 30 000 euros ?? à Brive-la-Gaillarde qui plus est ?? Trop dur ! »

Et enfin que Laurence Ferrari et David Pujadas ont retrouvé leurs langues après qu’elles aient été prises en otage le soir du 2 mai pendant le débat entre les deux candidats.

Il y avait également les moments classiques des élections : l’allocution « émouvante » du président sortant avec tant de sincérité que j’ai failli en verser une larme dans mon yaourt…(cf. post précédent) et le discours du victorieux acclamé par ses supporters et se concluant par une interprétation à l’accordéon de « La Vie en Rose » par Monsieur le Président de la Région Limousin en personne (ils n’avaient pas répéter avant a priori).

Mais ceci n’est pas le vrai sujet de ce post. Tu t’attendais à ce retournement de situation, hein ? La petite nouvelle de cette soirée, c’est un chiffre. Après les 20% du FN au premier tour (qui était en réalité un 17,90% tout aussi traumatisant – cf. post précédent), je vais te parler du chiffre « 2 millions ».

2 millions, c’est le nombre de bulletins blancs (ou nuls) retrouvés dans les urnes dimanche dernier. Ce n’est pas rien puisque c’est plus du double de la population réunionnaise (et pourtant on fait de nombreux efforts pour procréer) !

Le vote blanc n’est pas pris en compte dans le pourcentage final et certains diront que c’est dommage, quand on sait qu’il s’agit d’un record.

Je laisse aux politologues intelligents et prétenti… euh, je veux dire pédagogue le soin d’expliquer les raisons de ce chiffre « énorme ».

Imaginons plutôt que le vote blanc soit à présent comptabilisé avec un vrai pourcentage. Cela voudrait dire qu’un type qui s’est levé de son fauteuil devant Téléfoot, pour aller couler un bulletin blanc dans une urne à l’école publique sinistre la plus proche, verrait son vote apparaître à l’annonce des résultats. Si ça ce n’est pas un grand pas pour la démocratie et un moyen de dire aux politiciens d’aller se faire voir ailleurs.

Le vote « blanc » : un moyen pour les français de dire « merde » aux politiciens

Mais avant l’arrivé de ce jour béni par l’immaculée couleur, il faut définir ce qu’est que le « vote blanc ». Est qu’on aurait un bulletin vierge sur la vieille table d’école comblé de graffiti par les enfants de CE2 ? Où devrions-nous fabriquer nous-même nos « bulletins blancs » ?

« Chéri qu’est ce que tu fais avec cette feuille au format A4, cette paire de ciseaux et cette règle ? c’est l’heure du déjeuner, on doit profiter qu’il y ait moins de monde au bureau pour aller voter » (ceci est une légende urbaine)

« J’essaie de découper une feuille blanche de la taille des bulletins de vote pour pouvoir voter blanc ! »

« Tu comptes voter blanc ? »

« Non, mais je suis contre le fait qu’on ne m’en laisse pas le choix »

« … Fais attention de ne pas te couper avec tes ciseaux à bouts ronds alors… »

Une autre solution serait de ne rien mettre dans la petite enveloppe bleue. J’avoue que c’est frustrant, surtout pour celui qui l’ouvrira, mais le message serait clair.

« Ah une enveloppe vide ? ça me rappelle ma communion… j’avais reçu une enveloppe de la part de mon parrain, mais quand je l’ai ouverte le lendemain, il y avait rien dedans… par contre, maman s’était acheté une nouvelle paire de chaussure… »

«Roger, tu vas raconter cette histoire à chaque enveloppe vide ?? Parce que j’ai autre chose à faire après le dépouillement ! »

Normalement, souiller un bulletin, c’est-à-dire écrire ou rayer un nom, est considéré comme un vote nul et non un vote blanc. La politique n’aime pas le customisation.

« Même si je fais un cœur à côté du nom de Philippe Poutou ? c’est pas souiller un bulletin là ! c’est le magnifier ! »

De toute façon le résultat reste le même, pas besoin de trop s’embêter finalement pour voter blanc.

« Moi j’ai pris les bulletins de chacun des candidats et j’ai fait un origami de bateau avec » (True story).

Pour éviter d’avoir ce genre de vote nul, rayé, vide… il suffirait de faire un bulletin avec « BLANC » marqué dessus, ce serait bien plus simple.

« Ouais mais j’ai quand même l’impression de voter pour Laurent Blanc… Je ne la sens pas votre affaire là… Vous imaginez s’il est élu ? il a déjà du mal à choisir la composition de l’équipe de France de football, alors imaginez pour une équipe de ministre »

Un autre défaut d’un bulletin marqué « BLANC » c’est sa possible interprétation erronée…

« Ce vote est la preuve du désir des français de retrouver leurs valeurs et la supériorité de la race blanche ! »

Ouais… Fausse bonne idée ce bulletin « BLANC ».

« Excusez-moi, je fais comment moi, pour soutenir les métis « yabs-malbars » je peints mon bulletin en marron ? ».

 

Il reste encore pas mal d’organisation à mettre en place pour concrétiser la prise en compte du vote blanc… Mais heureusement il reste du temps pour réfléchir à tout ça avant la prochaine élection…

Quoi ? ah oui, les législatives ! J’avais presque oublié… encore des meetings, des débats et des sondages ! aaargghhh !! Moi qui pensait qu’on pouvait souffler un peu. Bon, je te donne encore une idée pour voter blanc mon petit lecteur…. Une certaine personne (Zou cf. liens) conseille de mettre un blanc de poulet dans l’enveloppe.

Je vous conseille de couper le blanc de poulet en petits bouts pour que cela entre dans l’enveloppe

C’est une idée, pas pratique et répugnante vu que cette viande va rester dans une urne fermée toute la journée… mais c’est une idée. Après tout le coq est le symbole de la France ! (défendons l’indéfendable avec des arguments douteux)

« Ah un blanc de poulet, ça me rappelle la fois où mon père a quitter la maison pour aller acheter un paquet de cigarette et qu’il n’est jamais revenu, maman avait préparer du poulet ce soir-là… »

«Roger, t’as pas fini de nous raconter ta vie pourrie ?! Donne moi cette viande, on aura au moins un truc à bouffer après le dépouillement ! »

(Quoi la conclusion te déçois ? Ben fais partager tes techniques pour voter blanc alors !)

PS : la photo bonus, la une de l’Express si Nicolas Sarkozy aurait gagné à l’élection. Vous trouverez cette version dans aucun kiosque à journaux… (à moins d’être dans un monde parallèle)

les palmiplainois kiffent le front national

ou « Le récit du premier tour des présidentielles de 2012 vu par le Letchi »

Je me réveille encore plus fatigué que lorsque je me suis couché… Contrairement à certains, je n’ai rien fêté la nuit dernière, mais j’ai essayé de noyer dans la boisson un sentiment de désarroi, quelque chose que je n’avais jamais ressenti, même pas en 2002.

Hier soir, j’ai dû avaler un litre de lait chaud un peu après 22h00 (GMT+4). Je n’ai pas d’alcool chez moi, mais le lait possède, paraît-il, des propriétés relaxantes (tryptophane mon ami), j’en ai pris une razzia pour faire passer la pilule des résultats de la présidentielle. Car oui, c’est bien cela qui m’a mis un drôle d’état toute la nuit.

Le premier tour des élections présidentielles françaises n’avait pourtant rien de bien excitant selon moi. Les sondages, malgré leur long passé d’imprécision, étaient clairs sur l’identité des deux candidats favoris, ceux qui allaient s’affronter dans un duel durant le second tour.

Aussi hier soir, armé de mon yaourt à la fraise, je m’asseyais devant ma télé 20 pouces et attendais patiemment des résultats dont je devinais déjà les « traits ». Pourtant, à l’annonce des chiffres, je faillis m’étrangler avec mon yaourt. Un horrible 20% bleu marine vient d’apparaître à l’écran. D’où vient ce pourcentage ? Qui en sont les responsables ?

Même en Comic Sans MS, ça fait peur un « 20% » bleu marine

Les journalistes l’annoncent de manière décontractée : Marine Le Pen est devenu le troisième homme de ce premier tour (voyez comme la formule sexiste est mal choisie). Le pourcentage m’effraie, mais je ne suis pas encore au bout de ma peine (et mon pot de yaourt n’est encore qu’à moitié plein). Les archives s’agitent, la mémoire travaille, combien avait fait le père en 2002 ?

J’y réfléchis à peine et déjà le journaliste s’empresse de me répondre (lit-il dans mes pensées ?). Papa Le Pen avait obtenu un score de 16,86% au premier tour de 2002. Je pose lentement mon pot de yaourt sur la table… Laissez-moi le temps de digérer cette nouvelle (et accessoirement le lactose du yaourt). La fille a réussi dès sa première candidature un plus beau résultat que son paternel en 5 tentatives aux élections présidentielles ! Le pays va t-il si mal ? Je commence à noyer mon désespoir dans un autre yaourt et m’empresse de chercher le paquet de Granola qui traîne dans ma cuisine. Je mange pour oublier l’émergence d’un sentiment… la peur. La peur de mes congénères. La peur de la montée de l’extrême droite.

Quelques dizaines de minutes plus tard, la voilà alors à l’écran rayonnante, souriante, les yeux pétillants de joie : Marine ! Celle pour qui (feu) la chanteuse Diam’s avait écrit une chanson, va faire son discours. Les partisans s’agitent, ils ont l’air nombreux, en même temps on n’a pas 20% de votes en France avec 10 supporters (c’est mathématique). Son discours a rameuté durant la campagne les foules conservatrices vivant dans un passé révolu, fantasmant sur le retour d’une « France des vraies valeurs ». L’illusionniste Marine leur a fait espéré que ce « pays » qui n’a sans doute jamais existé pouvait apparaître d’un coup de baguette magique « made in FN ».

La foule en redemande et Marine s’exécute une fois de plus dans un discours joyeux… Elle entame ensuite la Marseillaise. Oh comme ce chant guerrier et révolutionnaire sonne étrangement dans les voix des partisans.

Je passe à la vitesse supérieure et décide de préparer le maximum de lait chaud possible. Je me souviens de sa capacité de relaxation sur mon organisme. J’en ai besoin, réellement… Les voix germaniques des années 30 reviennent d’outre-tombe hanter la France. Seul le coma lactique me permettra de ne plus les entendre. Tryptophane, j’écris ton nom !


Aujourd’hui, le réveil est donc difficile. Les résultats ne sont plus des estimations à cette heure mais des chiffres définitifs. Je n’ose pas allumer la télé… Que vas-tu m’annoncer encore lucarne infernale ?

Je presse « on » et serre déjà mon mug de lait dans la main en fermant les yeux. J’entends des voix, les journalistes récitent les résultats comme une vieille femme sa prière à la Vierge Noire.

Ce n’est pas rien, mais c’est déjà mieux que les 20% d’hier soir. Je desserre mon mug et ouvre les yeux… la Terre continue de tourner, personne ne semble paniquer à la télévision, suis-je le seul désoeuvré du pays ?

Je me prépare pour le travail, le noir est une bonne couleur pour m’habiller, elle est dépourvue de véritable connotation politique (il n’y a pas de candidat anarchiste ?) et je me sens d’humeur endeuillée.

Toute la journée, les résultats des départements apparaissent sur les sites Internet des journaux. Je vérifie les villes dans lesquelles j’ai habité (Avignon, Nancy, Rennes, Grenoble et Lyon) pas de FN en tête, je ne sais pas pourquoi mais cela me fait plaisir. En y regardant de plus près, on voit que les citadins ne votent pas FN, ce sont essentiellement les communes des campagnes qui sont pro-front national. Intéressant. Comme le vote des campagnards vaut autant que celui des habitants de la ville… Le FN fait un bon score général dans les départements… c’est mathématique !


À l’heure du déjeuner, je m’installe avec mes collègues dans une salle où la télé en marche présente les résultats définitifs de La Réunion. Je mâche tranquillement mon sandwich au poulet en regardant une carte de l’île bien rose. Ce n’est pas étonnant si on écoute les journalistes et les politologues (je veux dire si on écoute Yvan Combeau).

Durant l’édition spécial, chaque parti a droit à ses minutes de prises de parole. Et voilà qu’au détour d’un reportage, je découvre les supporters du FN version 974. J’arrête de mâcher. Ils existent ! Ce ne sont pas des acteurs, vous êtes sûr ? Ils ressemblent à des réunionnais comme les autres pourtant ! quel est donc leur problème ?

Un détour à la Plaine-des-Palmistes s’impose selon la présentatrice du journal. Qu’y a t-il à voir ?

La commune des hauts est devenu la plus FN-friendly de La Réunion. Excuse-me ? Do you speak French ? Non, non c’est tout à fait sérieux, avec 13,90% le FN a fait son meilleur score aux portes de la forêt de Bébour. Nous n’irons plus jamais, pique-niquer à Bébour, nous n’irons plus jamais, plus jamais, plus jamais, plus jamais. La Plaine, c’est fini, et dire que c’était la ville de mes premières randos.

Je suis sous le choc… et pas un seul produits laitiers sous la main… Les Palmiplainois sont interrogés : « Monsieur, comment êtes-vous devenu copain avec Marine Le Pen ? ». L’explication qui suit est floue… mais ce n’est plus le problème.


Fatigué de ces résultats qui n’en finissent plus depuis la vieille, je noie mon chagrin dans un dossier ennuyeux toute l’après-midi. Mon pays me fait peur, mon île me fait peur, 37 549 personnes ont voté Marine Le Pen à La Réunion. Ont-ils été touchés pas sa petite visite de février dernier ? La contestation passe t-elle aujourd’hui par un parti qu’on nous a longtemps appris à rejeter ? Je ne comprend plus rien. Suis-je le seul à trouver le résultat du FN inquiétant ?

Le troisième parti politique de notre France est à présent le Front National, il va falloir vivre avec. La montée de l’extrême droite est visible dans toute l’Europe et même dans ces îles lointaines. La dédiabolisation de ces groupes politiques a fonctionné à merveille, mais je dois respecter l’opinion des autres. Chacun est libre de choisir son camp politique… mais franchement ça fait chier quand même !


 

 

PS (et UMP) :

Les infographies sont tirées du site de Libération qui possède selon moi, l’une des meilleures infographies pour ce premier tour.

Le blog n’est pas censé parler de politique, je ne donne jamais d’avis sur la droite ou la gauche. Mais pour moi, le Front National ne peut être considéré comme un parti du fait de son idéologie parfois loin des valeurs républicaines même. Et puis, j’ai trouvé cela marrant d’en parler de cette manière.

aux urnes, citoyens !

Électeurs, électrices, français, françaises, nous sommes dans les dernières heures avant le premier tour de la dixième élection présidentielle de notre Vème République. L’événement le plus médiatisé de France pour l’année 2012 (après l’apocalypse maya prévu en décembre) est sur le point d’avoir une conclusion (officiellement prévu pour le 6 mai au soir, mais demain sera déjà un grand pas en avant…)

Cette année : ça va déchirer !

Ce dimanche, lecteur, tu ne vas pas passer ta journée à glander devant ton écran d’ordinateur ou à regarder le Grand Prix de F1 du Bahreïn… Aux urnes saligaud ! Demain, tu vas, tout comme moi, te retrouver dans un bureau de vote avec face à toi un choix parmi une brochette de dix candidats : une sélection de la crème des politiciens français ! Ceux qui ont, selon leurs partis politiques, l’étoffe pour présider la France !

Je sais bien ce que tu penses, vu la tête qu’ils ont sur leurs affiches, la présidentielle n’a pas l’air d’être la fête du slip (ou de la culotte) ça ne donne pas envie et tu as sans doute raison. Et puis voter est devenu un acte tellement banal depuis l’époque de la Star Academy… à la différence que cette fois-ci, point besoin de SMS surtaxés, on revient au temps archaïque du bulletin de vote…. Ce n’est pas faux. Mais, il faut bien faire son devoir de citoyen de temps en temps et puis on n’a pas gaspillé autant de papier pour rien, faut bien les utiliser, alors lecteur : va voter !

 

Bien sûr, pour certains, glisser une enveloppe dans une urne, ce n’est pas compliqué. Leur choix est arrêté depuis longtemps… pour de bonnes ou de mauvaises raisons :

« Tu sais pour qui tu vas voter cette année ? »

« Bien sûr »

« T’as épluché les programmes ? »

« Non, mais ma famille vote depuis des générations pour le même parti, je ne vois pas pourquoi je changerais… »

« Au nom du libre-arbitre, peut-être ? »

Il y a aussi les partisans purs et durs qui n’hésitent pas à insulter les candidats ou à frapper « l’ennemi » à coup de sac…

Cette espèce est rare, ceux qui sont convaincus de leur candidat (au point de pleurer s’ils ne sont pas au second tour) préfèrent pour la plupart faire du porte à porte et vous donner des tracts sur la route au niveau des STOP. C’est grâce à eux et l’embouteillage qu’ils ont créé hier soir sur le boulevard Sud, que j’ai été en retard chez le médecin d’ailleurs… Je tiens à les remercier.

Si tu fais partie des trop nombreux indécis (la moitié de la population réunionnaise), plusieurs solutions s’offrent à toi, cher lecteur. Tu peux passer toute la nuit de ce samedi à lire les programmes arrivés dans ta boîte aux lettres et qui sentent bon le papier recyclé… (super samedi soir en perspective, hein ?) Tu auras (peut être) une révélation de dernière minute vers 4h34 qui te permettra de trouver ton candidat… mais rien n’est moins sûr.

PUB : Pour obtenir une révélation plus rapide lors de ta lecture, la Métaphysique du Letchi te suggère d’ingurgiter une quantité importante d’alcool, ça facilite les choix… Effets secondaires possible : la gueule de bois à la vue des résultats, mais de toute façon, plein de gens l’auront dimanche (soir).

Tu peux aussi les lire dimanche matin, rapidement avant d’aller au bureau de vote… mais cela montre que tu prends plus de temps à choisir la couleur de ta voiture de sport que ton Président.

Une autre technique, qui a fait ses preuves, voter au pif (le contraire de « voter utile »). Après tout, ce n’est pas ton bulletin de vote qui va changer quoique ce soit.

« Ams, Stram, Gram, Pic et pic et colégram, bour et bour et ratatam, Ams, Stram, Gram…. (Aïe, j’aime pas ce candidat) ah ben non… Gram ».

Si tu compt(in)es utiliser cette méthode évite de fréquenter un « culpabilisateur » :

« Tu te rends compte de l’importance du vote et de la démocratie ? le sang versé pour que tu puisses être libre et choisisses tes représentants ! Combien d’hommes et de femmes se sont battus pour cela et combien se battent encore dans le monde pour avoir ce privilège ? »

Un discours à mettre dans toutes les mains des sans domicile et des personnes hospitalisées.


En tout cas cher lecteur, si tu en as la possibilité, évite de faire parti de l’espèce la plus perverse des électeurs : les réac’ qui ne votent pas…

Ceux qui s’obstinent à ne pas voter car les candidats sont « tous des cons » et qui une fois l’élection terminée, critiquent le vainqueur en précisant que son adversaire aurait été meilleur. Cette espèce de citoyen n’est pas connue pour ces capacités à nourrir le débat…

Le plus triste c’est que sa voix est égale à la tienne, à celle de ton chef, à celle de celui qui vote comme ses parents, à celle de la boulangère, à celle du prêtre, à celle paysan de la Creuse, du surfeur de St-Leu, de la vieille voisine illettrée, du cadre supérieur, du chauffeur de bus Citalis, du Néo-Calédonien au chômage, du bobo parisien, et des candidats aux élections eux-mêmes.

 

Bref, je te souhaite un bon premier tour de l’élection présidentielle mon cher lecteur. Passe un bon dimanche, quel que soit ton intention de vote.

 

Et si par curiosité, tu veux savoir pour qui je comptes voter demain… Je te le confesses volontiers.

Moi, demain, je voterais

 

 

 

 

Barack Obama

Oui, nou lé capab’ !

Casablanca, La Marseillaise