bêtisier #2

Ratages et autres petits plaisirs de tournage…

Encore une fois, merci à Vivi pour son aide et ses commentaires !

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le letchi préfère la réunion !

Ce que vous lisez actuellement est ni plus ni moins que le 300ème article du blog (eh ouais, rien que ça !). Je ne pensais pas arrivé à ce chiffre un jour et je suis heureux que le sujet de l’article (en vidéo) s’appelle « Le Letchi préfère La Réunion », une pseudo déclaration d’amour à l’île…

Voici la suite et fin de mes souvenirs de vacances après le post « Le Letchi kiffe la métropole ».

Une vidéo différente des « podcasts » du Letchi Amer, ici, j’expose ce qui me manque de La Réunion quand je suis en Hexagone/Métropole et ceci sans les différents personnages… Une vidéo avec des extraits « tournés » sur place avec l’aide de Vivi que je remercie au passage !

Au niveau du montage, la vidéo reprend la musique de fond de la précédente et la différence de son entre les prises intérieures (ma chambre) et extérieures due au nouveau micro.

le letchi kiffe la métropole

Souvenirs de vacances, première partie !

Une vidéo différente des « podcasts » du Letchi Amer, ici, j’expose ce que j’aime en métropole (hexagone !) sans les différents personnages… Une vidéo avec des extraits « tournés » en hexagone avec l’aide de Vivi que je remercie au passage ! C’est assez différents de ce que je fais d’habitude, j’en ai conscience, mais c’est un parti pris pour cette vidéo au sujet assez large et moins cynique que d’habitude ! Ne vous en faites pas le cynisme reviendra bientôt !

Au niveau du montage, vous remarquerez deux choses :

La première : une musique de fond a été rajoutée afin de combler un peu le silence de certains moments. Si cela vous plaît, j’envisagerai de la conserver pour les prochaines vidéos.

La deuxième : le son est différent entre les enregistrements à l’intérieur et les enregistrements en extérieur. Ceci est normal, je me suis récemment procuré un micro pour enregistrer ma voix dans ma chambre, la qualité du son n’est pas trop mauvaise et c’est super pratique, néanmoins je n’ai pas pu utiliser ce micro tout beau, tout neuf en extérieur… désolé !

Un avantage de cette vidéo par rapport aux autres : elle est (quasiment) entièrement en français ! ouf ! pas besoin de faire des sous-titres pour cette fois !

La suite arrive en fin de semaine, vous pouvez déjà imaginer de quoi on va parler cette fois-ci. Après, j’ai deux vidéos bonus pour vous, avant un retour des podcasts plus « classique » du Letchi Amer, dont j’ai (déjà) commencé l’écriture (eh oui, je ne chôme pas !) ^.^

le pays des chiens perdus

Il y a quelque temps la SPA lançait un nouveau dispositif pour pallier le problème canin de la Réunion.

Vous connaissez bien sûr ce qu’est le problème canin ? Je vous vois hausser les épaules derrière votre ordinateur… Un rappel des faits semble nécessaire.

Sur l’île de la Réunion, on remarque un nombre important de chiens abandonnés. Des animaux livrés à eux-mêmes se retrouvent dans nos rues et très souvent aplatis sur le macadam. À certains endroits, on observe même des chiens errants qui vivent en meute et qui se bagarre pour des restes de nourriture. L’un des exemples que je connais bien est la route des laves, où on retrouve des petites bandes de chien dans la forêt. Le peu d’intérêt qu’ont certains de mes compatriotes envers les canins a trouvé son paroxysme dans cette affaire barbare de chien utilisé comme appât pour la pêche. Une histoire qui améliore grandement notre image nationale (avec les gourous, moustiques et autres crimes passionnels). Bien évidemment ce fait extrême qui ferait retourner Sainte-Brigitte Bardot dans sa tombe (comment ça elle n’est pas morte ?) n’est qu’un cas isolé, mais cela n’empêche qu’il donne une idée du peu d’estime envers ces animaux.

Je pourrais discuter pendant longtemps encore des relations canines/créoles, mais ce n’est pas le sujet du post.

Non, le sujet c’était bien la « solution » de la SPA Réunion. L’association proposait en effet d’expatrier nos royal-bourbons vers l’hexagone. Oui vous avez bien lu, la SPA veut envoyer des chiens réunionnais dans des familles métropolitaines (à Paris ou à Marseille).

Je ne juge pas cet acte ridicule, après tout si les chiens ont eux aussi droit à la continuité territoriale, pourquoi pas ? ce n’est pas l’idée de mettre des chiens dans un avion et que la famille d’accueil paye son billet qui me gêne. Ce qui me dérange (et je suis sûr que vous allez me comprendre) c’est le traumatisme que ces chiens vont endurer.

Oui ! Amis lecteurs, vous m’avez bien lu, moi Gaël, grand amoureux des chats, je m’inquiète de l’état mental de chiens expatriés !

Pour mieux comprendre de quoi je parle, mettez-vous à la place d’un royal-bourbon. Allez-y ! Pensez comme un chien réunionnais. Pas besoin de vous mettre à quatre pattes non plus…

Voilà, bien, imaginez, vous êtes nés sur une île tropicale, il y a quelques années. Vous avez connu les joies du soleil, le bonheur de se promener dans une nature très verte et d’uriner sur tous les arbres possibles. Vous avez eu un maître qui vous a aimé et nourri (de ces restes de carry) puis vous a abandonné dans un champ de canne parce que vous aboyez trop souvent à son goût. Laissé seul, vous avez appris à traverser les routes les plus dangereuses, vous avez découvert d’autres chiens abandonnés comme vous et tels des esclaves marrons vous vagabondez comme bon vous semble. Bien sûr, il est difficile de trouver à manger dans votre situation et vous manquez de l’amour d’un maître, mais vous essayez de vous y faire.

Et puis BAM ! la SPA vous attrape. Vous êtes dans une « cage » avec de nombreux autres toutous. Les jours passent, on vous expose différents plans de carrière pour votre avenir et ce n’est pas rigolo ! Soit vous avez la chance de votre vie (de chien) et une famille réunionnaise paie une centaine d’Euros pour vous adopter, soit un gentil petit vétérinaire va vous présenter son amie l’aiguille, soit (et dernière solution) on vous expédie en hexagone.

Chanceux comme vous êtes c’est la dernière solution qui a été choisie (adieu sale piqûre !). On vous explique que vous avez la chance de découvrir du pays et que vous serez mieux traité dans cette nouvelle famille. Pas besoin de signer de contrat (en tout cas pas vous), vous êtes mis dans une cage et puis dans l’avion. Après 11 heures interminables avec d’autres congénères et des bagages, vous voici à l’aéroport. Votre accompagnateur vous récupère.

Aparté : oui, vous pouvez aider la SPA dans sa démarche en devenant accompagnateur de chien. Si vous partez prochainement à Paris ou à Marseille vous pouvez candidater.

Et vous voilà présenter à votre nouvelle famille. Ils sont hyper chaleureux, hyper gentils et hyper riches (ils ont quand même fait venir un chien depuis la Réunion et ce n’est pas rien).

Vous voici donc à Paris (ou à Marseille ou dans la région), votre nouveau foyer sent le neuf, mais vos instincts reprennent vite le dessus : à peine arriver vous urinez sur le ficus du salon. Non ! ce n’est pas comme ça que doit se comporter un chien en hexagone ! Vous avez le droit de rester dans la maison, mais ces droits sont limités. Pas la peine non plus de faire vos besoins dans le jardin (si vous êtes vraiment chanceux il y en a un). Les Français bien élevés savent que les trottoirs sont faits pour ça. Heureusement, à part ces quelques détails, vos maîtres, un jeune couple de cadres dynamiques, sont aimants et c’est le plus important.

Toutefois lors des dîners, vous êtes exposé telle une bête… de foire devant les invités. Votre maître ne cesse d’expliquer son geste de générosité pour épater la galerie : « C’est un chien que j’ai fait venir de la Réunion, je lui ai évité de se faire utiliser comme appât pour requin par ces barbares de réunionnais, oui on peut dire qu’il me doit sa vie ». Et là effectivement, il faut bien vous tenir. On vous a promis une meilleure vie, mais vous devez être à la hauteur de l’attente de vos maîtres. Le temps de la liberté est terminé, plus de grande étendue verte et de forêt, place au jardin, au trottoir et au parc « n’a même poin un carro canne pou jouer d’dan ! ».

Ne vous rebellez pas ! ici vous êtes nourri. Non, il n’y a pas de reste de carry ou de riz, vous devez changer votre régime alimentaire, mettez-vous aux croquettes. Oui c’est de la mal bouffe et vous regarder votre maîtresse en suppliant « Ou sa i lé mon carry poulet ? ». Vous voyant triste, elle vous encourage « tu préfèrerais être écrasé par une voiture de là-bas ? ces vieilles charrues rouillées ? Non ! Alors mange tes croquettes ! Il faut que tu sois fort, nos amis doivent voir à quel point nous avons bien fait de t’adopter ».

Vous videz votre gamelle en pensant avoir de la chance de ne pas avoir été adopté par un chasseur. Vienne ensuite les cours, vous qui n’avez jamais était à l’école, vous voilà en train d’apprendre les règles de comportement à avoir et fini le créole ! Place à l’accent marseillais (ou parisien – oui il y a un accent parisien), vous devez en quelque sorte vous adapter à langue de vos bienfaiteurs (soyons d’accord : entre « sort’ tèr’ la ! » et « au panier ! » il y a une différence).

L’hiver arrive, vous grelottez, vos poils tropicaux ne sont pas adaptés et pas question de mettre ses pulls ridicules que votre maîtresse vous a acheté ! Plutôt crever gelé ! Vous pointez le nez dehors, la Réunion vous manque. Ce n’était certes pas le paradis pour chien mais ce sont vos racines, quoi qu’il arrive. Vous avez du mal à vous en souvenir à présent. Vous êtes un chien métropolitain, vous vous devez de l’être pour vos maîtres qui essaient tant bien que mal de prendre soin de vous. Ils sont maladroits et ne comprennent pas complètement votre comportement mais ils sont gentils.

Sortez du corps du chien maintenant. Oui, la séance d’Inception est terminée…

Trouvez-vous cela normal d’être expatrié parce que la société qui vous a mis là, trouve votre population trop nombreuse ? Il n’y a pas un problème quelque part ?! Je ne blâme ni la SPA, ni les gens qui vont adopter ces chiens… Mais un fait historique semblable ne vous vient pas en mémoire ?

Ces chiens sont un peu comme les enfants de la Creuse. Ils vont devoir affronter une terre, une culture différente. Même si cela doit être moins traumatisant pour un chien que pour un enfant… Cette solution de la SPA montre à quel point nous, réunionnais, sommes arrivés dans notre relation avec les chiens et c’est bien dommage de ne pas pouvoir régler cela sur notre territoire.

P.S : n’ayant pas de chiens, je n’avais pas trouvé meilleure image d’illustration ^.^

Le titre est un « hommage » à ce téléfilm ridicule « le pays des enfants perdus »