sarcasmes et autres petits plaisirs #4

T’as pas ta place pour le SAKIFO cette année ? Tu n’es pas le seul ! Dans ce quatrième épisode on est solidaire avec les absents du festival… ou presque !

La vidéo est courte, elle a été écrite assez vite et son but est surtout de faire culpabiliser mes amis qui n’ont pas acheter leurs billets pour le festival…

les filles qui n’aimaient pas les garçons

Samedi matin (10h), je me réveille « chez tonton », il fait très frais, il n’y a pas à dire la Ravine des Cabris c’est proche du Tampon !

J’essaie désespérément de trouver mes repères. J’arrive quand même à me préparer et me motiver à chercher de quoi petit-déjeuner. 5 minutes en voiture (c’est en descente) et me voilà devant une boulangerie accolée à un coiffeur, c’est intrigant (il y aura des cheveux dans le pain ?). J’entre tout de même et découvre avec stupeur des recettes originales : des macatias ananas/coco, chocolat/coco, banane/coco… Ils ont un prix sur le coco rapé ou quoi ? j’en prends un au hasard et rentre « chez tonton », 10 minutes de voiture (c’est en montée). Mon petit-déjeuner s’est révélé finalement bon (in macatia we trust), je reçois un SMS d’Edith qui est déjà sur la plage avec TV. Elle me demande de les rejoindre, il y a des types louches qui les abordent.

Ni une, ni deux, je prends ma voiture et arrive à la plage (en jeans et sweat). Effectivement, deux types sont à côté de TV et Edith et essayent de les draguer.

Des tentatives qu’on peut qualifier de très pathétiques…

« Tu aurais de la crème solaire, c’est pour mon tatouage, il est récent et donc faut le protéger »

(Il n’a pas l’air vraiment récent ce machin)

« Merci, tu pourrais m’en mettre un peu sur le dos »

Non mais ça ne va pas ?!

Bref, nos deux bourreaux des cœurs poursuivront leur technique avec toutes les filles présentent sur cette plage.

« TV, Edith vous attirez les barges ! »

On notera que chacune s’est fait aborder par un type différent.

« Tu verras quand ce sera ton tour Gaël… »

Laissez-moi en douter les filles…

Après avoir fait des courses pour la soirée (on ne se fera pas avoir comme la veille, à poireauter 20 minutes pour un pain bouchon) on se retrouve derrière les grillages à écouter les répétitions des artistes de ce soir.

Le mode « groupie » d’Edith est une fois encore en marche quand on écoute les répèt’ de Toguna (Reggae Folk / Réunion). Je reçois un SMS de ma mère « T’es dans le journal d’aujourd’hui ».

L’heure de rentrer dans le village arrivé, je fonce récupérer un journal auprès hôtesses du Quotidien. « Ah ouais ! on est dans le journal !! » Fierté pathétique mais bon…

Après de nouveaux achats chez « L’effet Péï » et une gaufre de manger (encore ??) on court devant la scène des Filaos pour voir… ben Toguna forcément !

J’avoue avoir passé un très bon moment (malgré le stéréotype rasta/dreadlocks). Mais le concert dure plus longtemps que prévu, ce qui me fait raté le début du concert d’un gars que je tenais à voir ce soir-là.

Je veux parler du type qui a fait la chanson de l’année 2010, qui a fait danser l’Europe et qui est aujourd’hui presque apatride : le belge Stromae !

Je fonce vers la scène de la Poudrière et bien évidemment c’est le drame : il y a foule !

Alors que TV et Edith restent en retrait près d’une voiture exposée (à quoi ça sert d’exhiber une voiture dans un festival de musique ?) je tente de m’approcher de la scène.

J’y arrive tant bien que mal et croyez-moi, Stromae contrairement à ce qu’on pouvait penser, a beaucoup de talent et une vraie présence scénique (il est grand ça doit aider aussi).

J’apprécie donc ce bout de concert qui reste et KIFFE sa reprise d’Arno (Putain, putain). Je vous laisse vous faire une idée de ce cover avec ce passage télé :

Quand il n’y a plus de concert, ben, il y en a encore !

Après Stromae, changement de scène pour aller voir Richard Beaugendre un Mauricien guitariste très doué. Arrivé au Vince Corner, on remarque que Richard est un peu tout seul, à peine une vingtaine de personnes l’écoutent. Je trouve assez injuste vue la qualité de la prestation, mais alors que je m’apprête à monter un collectif de soutien, d’autres personnes arrivent et une foule digne du chanteur se forme (au bout de 25 minutes, il était temps !).

Le concert fini, on traverse la moitié du village pour aller prendre THE claque de la soirée : Blue King Brown (Groove/Reggae Australie). Une foule électrique attendent devant la scène, on retrouve même quelques blondes fumeuses bourrées (cf. première partie). Même si on est mal situé et que pour voir la scène on se risque au torticolis, le concert est simplement excellent : un gros mélange de tout et n’importe quoi mais très très énergique, une vraie bombe c’te chanteuse !

 

Le concert à peine fini on court écouter la salsa de Yuri Buenaventura sur la scène Salahin. Nous sommes très loin de la foule et c’est plaisant. Des couples autour de nous essayent de danser correctement. Un couple attire particulièrement notre attention. « Ils sont complètement bourrés ou bien ? »

Et là sans prévenir, un gars avec deux gobelets de bière à la main vient droit vers moi.

« Salut, ça va ? Je m’appelle XXX. Tu vois le gars là, c’est un de mes potes (mec du couple saoul), je lui ai renversé de la bière sur le T-shirt, donc je lui en ai racheté une… »

Il ME raconte pas mal de trucs pendant que TV et Edith nous regardent.

Au bout d’un moment (5 minutes) une amie à XXX débarque « Je te cherchais partout viens, on doit rejoindre les autres… » « Attends, j’ai pas fini de discuter avec ce gens sympathique »

Il finit par y aller et je n’ose pas me tourner vers Edith et TV qui éclatent déjà de rire. « Ben même toi, tu auras été abordé par un garçon aujourd’hui »

Pour ne pas les vexer, je n’ai pas précisé que MON garçon était quand même plus charmant que ceux qu’elles avaient sur la plage ce matin ! (na !)

On poursuit notre tour des scènes avec une nouvelle claque nommée : Ej Von Lyrik (Hip Hop d’Afrique du Sud). La petite scène du Vince Corner n’est pas suffisante pour contenir la joie d’un public conquis par le charme de groupe. Là encore beaucoup d’énergie et un brin de folie.

Il est 00h30 quand le concert s’achève, nous avons le choix entre The Bombay Royal (Bollywood funk) et Tony Allen (Afrobeat). On choisit ce dernier, toutefois, nos cerveaux (et nos oreilles) n’arrivent pas à se concentrer sur cette musique… « C’est soulant et très mou comparé à tout ce qu’on a écouté avant… »

Je finis par rentrer, en remerciant les filles. La route jusqu’à « Chez Tonton » est toujours aussi longue et une fois de plus quand j’arrive, je m’effondre sur le lit.

Cette nuit-là j’ai rêvé qu’une armée de Casanova pas très doué nous attaquait sur la plage…

la fille qui rêvait d’un joint et d’une allumette

Pendant des mois, un cosmonaute sous fond de drapeau réunionnais avait envahi les murs de l’île pour annoncer la tenue prochaine du Sakifo Festival à Saint-Pierre. Alors qu’habituellement mon cerveau est résistant aux publicités, je n’ai pas, cette fois-ci, résister à la propagande (la faute aux couleurs vives sans doute).

Il faut que je sois honnête, j’ai toujours souhaité aller au Sakifo, mais cette année, les artistes présents ne m’attiraient pas particulièrement. J’ai donc acheté mon pass 2 jours sans vraiment me poser de question et sans conviction.

Après un appel au secours sur un réseau social très fréquenté, j’ai découvert trois personnes (TV, Niie et Edith) que je pourrais retrouver dans la capitale du Sud pour le festival.

C’est donc avec un sac à dos, mon pass 2 jours, un téléphone portable et un peu de monnaie que je prends la route pour St-Pierre.

Par chance mon oncle vient tout juste de s’y est installé et comme il était absent ce week-end, j’ai pu loger seul dans sa grande maison (merci tonton). Le seul problème c’est que la caze en question est loin du littoral où se déroule le festival (Gaël découvre le quartier de la Ravine des Cabris).

Après avoir pris possession des lieux, enfin, après y avoir posé mon sac à dos, je prends ma voiture direction le Sakifo !

Ou plutôt le parking-relais du Sakifo… les organisateurs ont mis en place ce système simple et bien foutu de parking avec navette pour le festival. Mais au bout de 30 minutes d’attente et un appel angoissé à Niie « Tu vois un bus passé toi ?? » je décide d’aller à pied à la Ravine Blanche (le village du Sakifo). Résultat ? 30 minutes de marche ou comment arrivé transpirant alors que ce n’est que le début de la soirée !

17h je retrouve Niie, Edith et TV (prononcer tivi) à l’entrée du village, après quelques échanges de politesse, nous entrons sur le site. Niie possède un pass-VIP, parce que « c’est tout ce qui se vendait encore sur le site Internet ». Edith et TV ont déjà programmé leur week-end, elles connaissent exactement ce qu’elles veulent écouter et voir, tant mieux, parce que moi pas du tout !

 

18h passé, on commence par attendre le concert de Tritonik (dont Edith est une des groupies officielles) sur la scène des Filaos « c’est parce qu’il y a des filaos à côté que ça s’appelle comme ça ? ». Comme on est parmi les premiers arrivés, on s’assoit devant la scène. Croyez le ou non, beaucoup de gens vont faire comme nous et rester assis pendant tout le concert « On a initié un mouvement !! ». Les chansons mauriciennes de Tritonik parlent de misère, de métissage, de tolérance et d’alcool… le quotidien quoi ! Cependant même si j’apprécie un peu la musique, je ne peux pas rester concentré, il y a un type dans le public qui me fait peur. Il danse de manière très très étrange « Il est déjà saoul c’est ça ? il se caresse en fermant les yeux et tout ! ». Ce n’est qu’une fois le concert terminé que je comprends qu’il est en fait tout à fait lucide : il arrête de danser bizarrement, remet sa chemise, son sac et s’en va comme si de rien était « Ah ouais quand même… on ne se douterais pas il y a 5 minutes qu’il ressembler à un type sur lequel l’esprit la monté »

 Tritonik

Fin du concert, on cherche à manger et de quoi boire, il faut se dépêcher pour le concert de Cesària Evora sur la scène Salahin. On se partage en deux groupes : Edith et TV pour les boissons, Niie et moi pour les pains bouchons et autres américains. L’attente pour un malheureux sandwich est long, très long. Derrière nous, Boubacar Traoré (Afro Blues) se donnent à fond sur la scène de la Poudrière, mais la faim ne permet pas d’apprécier.

Après 25 minutes, Niie et moi retrouvons les deux autres à côté d’un stand de boissons « va falloir se bagarrer pour avoir une place correcte pour Cesària ».

Effectivement Sahalin a beau être la scène la plus grande du festival avec le plus de place, impossible de trouver un endroit convenable. Je vois Cesària entre le chapiteau de la console technique et une poubelle. « Cool, je mange un croque-monsieur debout en écoutant de la Morna ». Niie fait un petit tour au stand réservé au Viip est revient en expliquant qu’on y retrouve des gens qui s’ennuient avec une coupe de champagne à la main.

Quatre couillons arrivent quand même à mettre une petite ambiance dans le fond du public, c’est nous ! hélas notre joie est gâchée par une odeur étrange dans l’air : une jeune fille pas loin de nous vient d’allumer un joint. Irrespirable !

Le concert s’achève, il est environ 21h45, on souhaite voir le Vieux Farka Touré (tout s’enchaîne). Mais à notre grande surprise, une foule dense s’est installée devant la scène des Filaos. Petits parmi les grands, on a de grandes difficultés à voir un des membres du groupe… Des fumeurs nous encerclent et un smog digne de Londres se met alors en place (mélange de cigarettes plus ou moins chères et de substances dangereuse pour le cerveau). On change 4 fois de place, mais rien n’y fait (les fumeurs de joint nous poursuivent), on se met finalement dans un coin, très loin de la scène et reprenons notre souffle. Niie en profite pour faire un tour dans un autre stand VIP trop classe pour le commun des mortels. Elle revient avec cette conclusion « On dirait qu’ils font une contre soirée ». 

 Photo prise en cachette du carré VIP Charette avant le début de la soirée

Vers 23h je force un peu les 3 filles à aller voir le Chapelier Fou (Violon/Electronique). Écouter ce gars demande beaucoup de concentration, il mélange plusieurs sons électroniques, s’enregistre, passe des bandes en boucle, s’amuse avec son synthé et son violon, bref, j’adhère « T’as vraiment des goûts bizarres Gaël ».

Hélas, impossible de se concentrer totalement sur ce défi technique, 2 filles complètement bourrées juste devant moi et fumant des substances a priori illicites parlent fort, poussent les autres et dansent sans suivre la musique (ni l’écouté a priori). Je commence à les imaginer empalées sur une barre de l’entrée du village… Elles dérangent tout le monde, n’apprécient rien et renverse leurs bières partout, autant jeter des perles devant des pourceaux. Après leur départ c’est un soulagement (très expressif) pour tout le public. Mais un de leur copain revient à la charge et essaie de monter sur la scène… trop stone, il tombera 5 fois… Les méfaits de la drogue ne sont plus à démontrer.

 Le Chapelier Fou, son violon et un ballon rose avec Mon Petit Poney dessus

00h : Niie doit rentrer, on lui dit tous Bye-bye et précise « T’envoies un message quand t’arrives surtout !! ».

Edith, TV et moi attendions donc le concert des Wampas, très loin de la scène de la Poudrière à vrai dire (on est carrément assis sur le sable à écouter la mer).

00h30, le concert commence, Didier Wampas nous montre qu’il est possible de faire de la chanson même quand on est presque aphone et qu’on ne sait pas chanter.

Edith s’emmerde ferme et préfère resté assise derrière nous en regardant la mer. TV et moi on est à fond dans le 3ème degré, on saute et on fait semblant d’apprécier (de vrais fausses groupies).

Mais pendant que TV et moi sommes dans la vibe (yyeah trop rock mon frère), un type s’approche d’Edith et fait une tentative de drague cigarette et bière dans les mains, je regarde TV : « on est censé intervenir ? » « Elle va faire un signal »

Le mec commence son jeu : « Salut, je peux m’asseoir, c’est nul ce qu’ils font comme musique, hein ? tu veux un peu de ma bière ? » Réponse d’Edith : « non, ça va je ne supporte pas l’odeur de la fumée en plus » (pile au moment où le gars approche sa cigarette de sa bouche). Comment jt’ai cassé !!

Bref, quelques secondes plus tard, le voici parti vers d’autres conquêtes (potentielles). « C’est violent quand même comment tu l’as envoyé se faire voir »

La fatigue se fait sentir dans notre trio « On y va, j’ai vraiment du mal avec les Wampas à cette heure-ci ».

Je trouve un bus pour me ramener au parking (pas de retour à pied cette fois), je dis au revoir à TV et Edith « à demain si j’arrive à me lever ».

Je retourne chez mon oncle, enlève mes vêtements sentant la fumée et m’effondre dans le lit le plus proche.

Cette nuit-là, mes songes m’ont mené à la fille qui rêvait d’un joint et d’une allumette, je n’avais sur moi qu’un bidon d’essence et un chalumeau…

La suite prochainement…

Sinon, il y a toujours le jeu des 5 ans du blog, j’attends encore d’autres propositions !