les courses au supermarché

Je n’aime pas faire les courses, je considère que c’est un véritable corvée… et pourtant quand le frigo est vide, on est peu obligé d’aller arpenter les rayons des supermarchés. Que les prix soient à 30 ou 40% plus cher qu’en hexagone, de toute façon, nous n’avons pas trop le choix, il faut bien se nourrir.

Que cette vidéo est longue ! Et j’ai pourtant abrégé et/ou couper certaines scènes !  L’enregistrement a été un enfer tellement il faisait chaud dans la chambre et je me suis un peu pris la tête avec le texte (c’est un peu trop courant en ce moment). Et pourtant le sujet des centres commerciaux me trottait dans la tête depuis des semaines. Du coup, il doit il y a avoir encore quelques fautes / erreurs, d’avance je m’en excuse.

Je me permets une petite précision : ma mère n’est pas comme dans la vidéo… enfin, pas complètement ! ^.^

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chaudron 2.0

(#voix grave d’un homme ayant fumé pas mal de cigarettes depuis l’âge de 7 ans)

Des voitures incendiées… des poubelles calcinées… des hélicoptères… des bombes lacrymogènes… et un troupeau de policiers fraîchement débarqués sur l’île !

Vous ne rêvez pas, c’est une réalité : « Le Chaudron 2 : Nouvelle Génération » est actuellement dans les rues de Saint-Denis !

Assistez vous aussi à la manifestation la plus importante de l’année, un événement unique dans le quartier mythique du nord de La Réunion. 21 ans après les premières émeutes majeures, le Chaudron s’enflamme à nouveau, rien que pour votre plaisir et celui des journalistes ! Voici la critique du film le plus attendu de l’année 2012.

Synopsis :

C’est sur fond de crise économique, qu’une manifestation contre l’augmentation des prix des carburants voit le jour à La Réunion. Les transporteurs de l’île paralysent les routes pour se plaindre. Des réunions et tables rondes sont organisées avec le Préfet et les autres responsables des collectivités, mais comme on peut s’y attendre, aucune solution n’est trouvée. C’est alors que la colère commence à gronder au sein de la population réunionnaise. Le combat contre la montée des prix des carburants devient un combat contre ce que les médias ont appelé, non sans manque d’originalité, la « vie chère ».

C’est alors que les jeunes du Chaudron, toujours présents quand il s’agit de défendre les intérêts des citoyens, décident de manifester le mécontentement général, de la seule manière qu’ils connaissent : jets de galets sur des policiers, casses, pillage de magasins et incendies de voitures.

Qui va gagner entre les hordes de policiers et les casseurs ? Les acteurs politiques trouveront-ils un moyen de calmer les émeutes ? Les agents de la CINOR (Communauté Intercommunale du Nord de La Réunion) auront-il assez de balais et de camions-bennes pour tout nettoyer ? Voici les questions posées dans ce nouvel opus de la saga « Chaudron ».

Ma critique :

Le « Chaudron 2 : Nouvelle Génération » possède bien évidemment plusieurs atouts. Le lieu des événements tout d’abord : fort de sa population rangée dans des logements sociaux tous plus laids les uns que les autres, le Chaudron est toujours considéré, non sans ironie, comme le quartier le plus chaud de l’île de La Réunion. Les nombreuses familles monoparentales (système : un momon, plusieurs marmailles – pas toujours du même papa) sont toujours dépourvues de formation, donc de travail, donc d’argent. Les femmes seules sont contraintes de nourrir leur famille nombreuse avec les produits les plus bas des rayons (c’est pour ça qu’on dit « bas de gamme » ?) quitte à se faire mal au dos (produits sourire, produits 1, produits tous les jours, produits « pouce »)

Cette situation sert de justifications aux acteurs principaux de ce nouvel opus de la saga « Chaudron » : les enfants de ses familles. Ces jeunes qui voient tous les jours leur mono-parent se serrer la ceinture pour les nourrir alors qu’ils souhaitent s’acheter des baskets hors de prix, des smartphones, des voitures tunnées, des vêtements de marque et tutti quanti. Dépourvus eux-mêmes de formation (pour la plupart), ils ont néanmoins compris que le meilleur moyen d’obtenir ce qu’ils veulent était encore de tout faire péter, comme nous le prouve cet extrait du film avec la charmante revendication d’un jeune Chaudronnais : « nou ça mont’ a zot que les gars Saudron i déconn’ pas, tout y brûle à soir ! Nou en fout’ tout, nou ! Dis la polisse fait bourr’ zot »

Oui, le casseur Chaudronnais n’est pas futé et souvent insolent, mais c’est ce qui fait son charme depuis 21 ans ! On aurait pu croire que la nouvelle génération se serait bonifiée avec le temps, mais c’est peine perdue. Les nouveaux acteurs ont la même verve que ceux du premiers opus.

On retrouve donc un schéma déjà connu dans le précédent opus sorti 21 ans auparavant et qui fait le succès de la saga. Les auteurs ont quand même pris la peine de modifier les motivations des jeunes. Si les émeutes de 1991 avaient pour prétexte l’arrêt de Télé FreeDom, ce nouvel opus a un prétexte plus sérieux : la misère et la détresse réelle d’une population ne pouvant subvenir à ses besoins les plus primaires : manger, se loger, travailler (la moitié de l’île vivant sous le seuil de pauvreté).

On peut reprocher toutefois certaines incohérences dans les actions des principaux protagonistes du film : les jeunes émeutiers. En effet, on a un peu de mal à comprendre pourquoi les jeunes brûlent des arrêts de bus alors qu’ils sont censés les utilisez pour se déplacer. Moi, je n’aurais pas l’idée de brûler ma voiture pour protester contre le prix de l’essence… mais je ne dois pas avoir la même manière de penser que les héros du film. On notera aussi cette drôle de manie qu’ils ont de piller des magasins de téléphonie mobile et de high-tech alors que les revendications concernent essentiellement le prix des produits alimentaires… mais là encore je ne dois pas saisir la subtilité du scénario.

Les dialogues et répliques des jeunes sont proches de ceux du premier opus, mais enrichis en insultes et en phrases sans queue, ni tête. Cela me fait penser que ce film devrait être interdit aux moins de 16 ans, l’éloquence est digne du plus grand groupe de rap poétique/pacifique de l’île : Futur Crew.

La Mairie Annexe du Chaudron : un des lieux de tournage

Autre bémol, j’ai trouvé les personnages politiques et les syndicalistes pas très convaincants. Je pense qu’il aurait été préférable d’utiliser des acteurs qui s’y connaissent un peu en économie et politique plutôt que ces ersatz de préfet, syndicalistes et hommes politiques… Les réponses qu’ils apportent ne sont pas crédibles et suffisantes. On voit bien que les auteurs veulent faire durer les événements, voire faire une suite à la saga (un Chaudron 3 est-il déjà envisagé dans les prochaines années ?). Mais j’avoue ne pas être surpris par leur manque d’efficacité dans les événements.

On se rappelle très bien du teaser du film, avec cette phrase mythique du meneur des transporteurs grévistes : « Je mort pour le transport, tire sur moi, tire moi ! ». On se doutait bien que le dialoguiste n’avait pas eu son bac de français.

Les policiers et les pompiers sont assez muets durant le film, préférant agir à coups de bombes lacrymogènes et de jet d’eau. On déplore leur manque d’interactions avec les jeunes émeutiers. J’espérais de véritable corps-à-corps entre force de l’ordre et jeunes mais je suis resté sur ma faim, on se contente de jet de cailloux et de bombes lacrymo. Je n’ai pas non plus compris pourquoi les policiers restés à défendre les abords des supermarchés et ne se déployer pas sur les petits commerces. Je trouve que leur technique tournait un peu en rond, surtout que c’était évident que les jeunes allaient en profiter pour brûler et piller ces « petits commerces » en question.

J’apprécie quand même l’utilisation d’hélicoptère avec des gros éclairages sur les tours du Chaudron, ça donne un côté plus « américain » qui manquait un peu dans le premier opus. Bon, c’est vrai que cela a un peu dérangé les populations calmes du Chaudron (mère de famille et personnes âgées) qui n’ont pas trouvé le sommeil, mais il n’y a pas à dire, c’est classe.

un autre décor du film

Bref, si le prétexte du film, la cherté des produits alimentaires, est mieux rodé que dans le premier volet de la saga, je trouve, hélas, que le scénario n’est pas à la hauteur de nos espérances. Malgré les efforts techniques (hélico, policiers mieux armés et jeunes plus organisés) et les dialogues plus modernes, le « Chaudron 2 : Nouvelle Génération » passe à côté de son message et se contente de reproduire avec moins de panache, d’incendies et de morts, les événements du premier opus.

Saura t-il convaincre la population quand on sait que le budget pour renouveler les abris bus et les poubelles calcinés vont être répercutés sur les impôts des habitants de Saint-Denis ? à vous de faire votre avis !

P.S : je précise pour ceux qui serait fraîchement tombés sur ce blog, que mes articles sont chargés d’ironie, ne prenez pas cela au second degré… essayez plutôt le troisième !